Sur le COVID et ses vaccins, encore

Frédé,
Oui, c’est désormais une théorie admise : l’évolution des espèces n’est pas seulement mue par la dialectique de la mutation et de la sélection selon le schéma néo-darwinien classique, mais aussi par des contaminations virales. Raoult explique que, par exemple, l’apparition des mammifères placentaires découle d’une addition virale. De façon amusante, certains médecins médiatiques ont voulu rassurer le public sur les effets imprévus possibles des vaccins à ARN messager en niant l’existence de toute enzyme susceptible de retranscrire de l’ARN en ADN, alors que l’existence de cette enzyme est un fait établi et admis des savants. Elle s’appelle la transcriptase-inverse. Mieux instruits, ou moins culottés, les experts du consensus du type Institut Pasteur expliquent seulement que le risque est nul parce que l’ARN messager vaccinal ne serait pas prévu ni équipé pour pénêtrer dans le noyau cellulaire, son action de déclenchement de la synthèse d’anticorps anti-viral devant se produire dans des composants cytoplasmiques. En réalité, bien sûr, personne ne peut honnêtement prétendre être jamais sûr de rien dans un domaine où les découvertes les plus étonnantes sont le pain quotidien.

L’autre risque présenté par les virus à ARN-messager, car c’est un sujet d’inquiétude distinct, est souligné par Louis Fouché dans une de ses vidéos : le processus d’obtention de l’ARN-messager vaccinal comporte une étape de purification censée éliminer les multiples ARN-messagers engendrés par l’étape préalable qui l’engendre, un parmi d’autres, en faisant travailler les cultures cellulaires. Or un processus de purification n’étant jamais intégral, le produit vaccinal final contient en réalité une pluralité d’ARN-messagers tous susceptibles d’engendrer une production d’anticorps. Le risque de maladie auto-immune est évident.

Gauche et droite ?

Cher john,

Gauche, droite : c’est de la vieille pensée qui n’aide pas à comprendre. Cela avait un sens aux alentours de 1890 dans le cadre limité de la Troisième république française, où le débat portait sur des broutilles comme l’institution d’un impôt sur le revenu et la lutte contre l’influence des curés sur les moeurs paysannes. Mais déjà, gauche et droite étaient d’accord sur un projet essentiel : préparer la prochaine guerre contre l’Allemagne.

Le prétexte agité devant le peuple était l’Alsace-lorraine. La raison de fond était le partage des ressources naturelles et la domination des mers. En France, avant 1914, tout le monde était pour la guerre, après 1918, tout le monde était contre. Pas d’opposition droite-gauche : la France, théoriquement victorieuse mais frustrée de sa victoire et ruinée à tous points de vue, connaissait un consensus pour une politique de chien crevé au fil de l’eau, dominée par la corruption.

Il n’y avait en réalité plus que deux camps : le parti communiste d’un côté, tous les autres de l’autre. Car était venue la révolution bolchévique, qui avait vidé de sens l’opposition gauche-droite, pertinente quoique molle dans le cadre du consensus bourgeois, pour la remplacer par une opposition radicale entre systèmes de domination incompatibles : bureaucratie planificatrice et autoritaire mettant la politique au-dessus de l’économie ou lutte entre monopoles financiers et industriels dans une jungle économique dont les soubresauts déterminent la politique. C’est bien là que nous sommes encore : mais personne ne peut être plus à gauche qu’un ‘patron de gauche’. La gauche, c’est Bernard Arnaut lâchant une pincée de milliards pour restaurer Notre-Dame. La droite, c’est quand il fait mettre une plaque à l’entrée pour célébrer son mécénat, un guichet pour faire payer l’entrée, et une statue de Donald sur l’autel moyennant redevance.

La ‘gauche’, qui était le nom d’un projet précis en 1793, en réalité le projet républicain, n’a plus aucun contenu précis aujourd’hui, alors que s’est universalisé un système d’oligarchies mondialisées déguisées en républiques. Et surtout pas aux Etats-Unis, pays impérialiste en déclin où les grandes questions sont de politique militaire.

Je ne crois pas une seconde que Trump ait été pire que Biden. Il était juste mal vu des autres oligarques parce qu’il ne jouait pas le jeu hypocrite des autres milliardaires qui manipulent les institutions à prétexte démocratique. Il était inconvenant et présentait mal. Ceci mis à part, sa politique était indistincte de celles de Obama, Clinton et de la famille Bush. Ce qui lui est arrivé ressemble beaucoup à ce qui est arrivé, en mode mineur, parce que la France est un petit pays où tout est plus tiède, à Bernard Tapie. A vouloir devenir un oligarque à côté des autres, mais qui faisait ouvertement de la politique, il a fini en prison. Le seul vrai crime aujourd’hui, c’est d’oublier de mentir.

Une réponse magnifique de Vladimir Poutine à un président américain belliciste qui résume précisément et avec beaucoup de concision et de pertinence la nature des anglo-américains et de leurs comportements en matière de relations internationales, et leur place dans l’histoire universelle

Vidéo : https://www.youtube.com/watch?v=qx8Sk0UndIE

Transcription :

[…] Polina Bolbochan, Coordinatrice des bénévoles du Festival international de musique et représentante de l’Université fédérale de Crimée : Monsieur le Président, j’ai une question un peu personnelle pour vous. Hier, le Président Biden a été assez dur dans son entretien, y compris à votre égard. Que lui diriez-vous ?

Vladimir Poutine : En ce qui concerne la remarque de mon homologue américain [qui a qualifié Poutine de « tueur » à qui il ferait « payer cher ses actions »], nous nous sommes effectivement, comme il l’a dit, rencontrés en personne. Que lui répondrais-je ? Je dirais « Restez en bonne santé ! ». Je lui souhaite une bonne santé. Je dis cela sans ironie ni arrière-pensée. C’est mon premier point.

Deuxièmement, en adoptant une approche plus large de cette question, je voudrais dire que les événements difficiles, dramatiques et sanglants abondent dans l’histoire de chaque nation et de chaque État. Mais lorsque nous évaluons d’autres personnes, ou même d’autres États et nations, nous semblons toujours être face à un miroir, nous nous voyons toujours dans le reflet, car nous projetons notre for intérieur sur l’autre personne.

Vous savez, je me souviens que quand nous étions enfants et que nous jouions dans la cour de récréation, nous avions des disputes de temps en temps et nous disions [en réponse à une insulte] : « C’est celui qui le dit qui l’est ». Ce n’est pas une coïncidence ou juste une blague d’enfants. Ce propos exprime une vérité psychologique très profonde. Nous nous voyons toujours dans une autre personne et pensons qu’elle est comme nous, et évaluons les actions de l’autre en fonction de notre propre vision de la vie.

En ce qui concerne le gouvernement américain, la classe dirigeante –je ne parle pas du peuple américain, qui est majoritairement composé de gens honnêtes, dignes et sincères qui veulent vivre en paix et en amitié avec nous, une chose dont nous avons conscience et que nous apprécions, et nous comptons sur lui pour l’avenir–, mais pour ce qui est de la classe dirigeante américaine, son état d’esprit s’est formé dans des circonstances plutôt difficiles dont nous sommes tous conscients. Après tout, la colonisation du continent américain par les Européens est allée de pair avec l’extermination des populations locales, le génocide, comme on dit aujourd’hui, le génocide pur et simple des tribus indiennes suivi d’une période très dure, longue et difficile de l’esclavage, une période très cruelle. Tout cela a fait partie de la vie en Amérique tout au long de l’histoire des États-Unis et jusqu’à ce jour. Sinon, d’où viendrait le mouvement Black Lives Matter ? Jusqu’à ce jour, les Afro-Américains sont confrontés à l’injustice et même à l’extermination.

https://youtube.com/watch?v=lIbU2PLJ-wk%3Fversion%3D3%26rel%3D1%26showsearch%3D0%26showinfo%3D1%26iv_load_policy%3D1%26fs%3D1%26hl%3Dfr%26autohide%3D2%26wmode%3Dtransparent

La classe dirigeante des États-Unis a tendance à aborder les questions de politique intérieure et étrangère en se basant sur de telles considérations [racistes et criminelles]. Après tout, les États-Unis sont le seul pays à avoir utilisé des armes nucléaires, qui plus esr contre un État non nucléaire, le Japon, à Hiroshima et à Nagasaki à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Il n’y avait absolument aucun besoin militaire justifiant ce bombardement. Ce n’était rien d’autre que l’extermination de civils. J’en parle, car je sais que les États-Unis et leurs dirigeants sont déterminés à maintenir certaines relations avec nous, mais sur des sujets qui intéressent les États-Unis et selon leurs propres termes. Même s’ils croient que nous sommes comme eux, nous sommes différents ! Nous avons un code génétique, culturel et moral différent. Mais nous savons comment défendre nos intérêts. Nous travaillerons avec les États-Unis, mais dans les domaines qui nous intéressent et à des conditions qui nous semblent bénéfiques pour nous. Ils devront en tenir compte malgré leurs tentatives visant à arrêter notre développement, malgré les sanctions et les insultes. Ils devront en tenir compte et reconnaître [qu’ils doivent traiter avec nous sur un pied d’égalité et non depuis une position de domination, de pression et de coercition].

Sur divers sujets d’actualité ou d’inactualité

(Lettre à un ami sur la maladie COVID en décembre 2020, et sur la double hélice de Watson et Crick)

Cher ami,

Merci pour ton long et intéressant message. Etant rentré à Paris, je suis entre trois logements, avec mes affaires éparpillées partout et plus vraiment de connexion, ce qui explique que je suis ou pourrai sembler absent sur le réseau pendant quelques jours. Mais je réagis brièvement tout de suite à tes remarques.

Sur Simpson : effectivement, l’exemple que tu donnes me semble trivial, et on nous a mis en garde dès le lycée sur le fait qu’une corrélation statistique ne prouvait jamais une causalité. Je crois me souvenir que Queinnec donnait un exemple plus extrême puisqu’en Angleterre, disait-il, le taux de tuberculose était corrélé aux entrées sur les champs de course (sans que dans ce cas le biais par lequel la corrélation s’expliquait ait été identifié).  Je serais donc intéressé à comprendre ce qui se passe avec les exemples non triviaux, le problème étant que je ne suis peut-être pas outillé pour suivre l’explication. A titre de morale provisoire, personnellement, je me méfie donc énormément des gens qui justifient des politiques par des statistiques : c’est à dire l’ensemble de nos dirigeants technocrates. Je n’oublie jamais qu’en statistique on tombe souvent, au bout de développements mathématiques très rigoureux, sur un moment où l’on admet que le seuil à partir desquels un résultat est considéré comme significatif est arbitraire.

Pour la médecine, c’est un peu différent qu’en science pure, puisqu’on n’a pas le choix de suspendre le jugement : il est légitime d’agir sur la base d’une simple probabilité de résultat. Mais il n’est pas vrai qu’à l’inverse la probabilité de non-résultat interdise quoi que ce soit. La limite du raisonnement statistique reste que les calculs ne donnent que des probabilités, et que lorsqu’un essai conclut que la différence entre un placebo et le médoc est non significative, c’est encore sur la base de seuils arbitraires. Et donc interdire un acte thérapeutique sur la base d’une statistique défavorable, alors qu’il respecte le principe primum non nocere, relève de la tyrannie technocratique fondée sur un abus de la pensée calculante. C’est exactement ce qui arrive avec l’HCQ et le covid. On sait en réalité que ce n’est pas arrivé par scrupule scientifique, mais pour ménager des intérêts et la suprématie d’une médecine très mécanisée dominée par l’industrie et ses appareillages, qui est en train de se substituer à la médecine  traditionnelle fondée sur le talent diagnostique individuel. C’est cela le fond (en dehors et au delà du problème de la corruption, qui n’est qu’un moyen de cette substitution) du conflit devenu féroce entre la mouvance Raoult, Péronne, Tubiana etc… et les médecins gouvernementaux.

Je suis ravi d’apprendre que la vitamine C a une aussi mauvaise réputation statistique contre le rhume que d’autres remèdes empiriques qui défraient en ce moment la chronique. Je m’étonne que le ministre n’en ait pas interdit la vente, et aussi celle des oranges et des citrons. Pour la carotte et le carotène : est-ce si absurde ? Il faut tenir compte du fait que les Anglais à cette époque se nourrissaient d’une façon particulièrement désastreuse. Mais c’est plutôt la myrtille dont j’avais entendu parler pour améliorer la vision.  Pour le radar, je crois me souvenir qu’en réalité les Allemands n’étaient pas vraiment très en retard sur cette technologie. Ils en connaissaient les potentialités. Le grand jeu scientifique s’est plutôt joué sur la machine enigma et le décodage. Les Anglais ont à l’occasion dissimulé le fait qu’ils décryptaient les messages ennemis en renonçant à des mesures de défense qui auraient sauvé de nombreuses vies dans leurs villes bombardées.  

Pour revenir sur l’HCQ : contre le paludisme, c’est à titre de prophylaxie qu’on l’utilise. Je suppose que si l’on faisait des essais randomisés sur son efficacité dans le traitement des malades du paludisme hospitalisés en phase terminale, on la trouverait inefficace elle aussi. C’est exactement ce que l’on a fait en réaction à l’utilisation précoce de l’HCQ à Marseille. Il y a maldonne et la question reste donc non tranchée. Pour moi, tout à fait indépendamment de la question de l’efficacité de l’HCQ, il crève les yeux qu’il y a des gens qui redoutaient qu’elle soit efficace. C’est aussi grossier que la promotion, contre toute évidence scientifique, du redemsivir, ou en dehors de toute information vraiment scientifique, de tous les vaccins qui arrivent : et cela fait partie du même complot. Car complot il y a, cela au moins ne fait aucun doute. Les acteurs sont connus et les motivations sont évidentes. Ils ne prennent d’ailleurs même pas la peine de se dissimuler, tant ils savent être les plus forts. C’est dans ce sens qu’il devient difficile de parler de complot. On a plutôt affaire à ce que l’on appelait autrefois une cabale, lorsqu’il s’agissait de discréditer un bon auteur dont on était jaloux.

Ceci dit, il est clair que l’utilisation d’un antiviral connu et d’un antibiotique de couverture pour traiter un rhume ne peut pas passer pour un changement de paradigme au sens de Kuhn ! Mais c’est justement là qu’est le scandale actuel : tout comme l’idée d’une vaccination universelle pour contrôler une épidémie à virus mutant qui donne des symptômes bénins et ne tue presque personne, tout comme l’idée d’un enfermement isolement généralisé des populations, le renoncement aux thérapeutiques usuelles fait partie de cette sortie de la médecine traditionnelle qui définit la junte politico-sanitaire de Véran, Delfraissy et Salomon comme innovatrice, leurs opposants étant non des découvreurs mais des conservateurs de la tradition. Nous sommes les témoins d’une révolution, mais politique, et à tendance totalitaire, avec une composante scientifique puisque la médecine industrielle est la force matérielle réelle qui soutient et pousse ce mouvement.

Sur Watson : ‘La Double Hélice’ est un livre de Watson lui-même, qui est, j’ai cru comprendre, un personnage très controversé en effet. D’ailleurs, Watson ne dissimule pas, il exhibe au contraire son tempérament de dilettante et de franc-tireur. Il a un regard tout aussi désinvolte sur tout le monde et raconte, en exagérant même à l’occasion, tout ce qui n’est pas orthodoxe dans le comportement des uns et des autres. Il illustre en cela la maxime de Feyerabend : tout est permis !  La publication de son livre l’a d’ailleurs fâché avec tout le monde, sauf ceux qui le détestaient ou le méprisaient déjà.  Il faut lire pour commencer la recension que Chargaff fait du livre. Chargaff avait trouvé l’égalité quantitative des bases deux par deux, mais sans en déduire que du coup c’était parce qu’elles étaient structurellement appariées. Rosalind Franklin est morte trop tôt pour dire tout ce qu’elle pensait de lui. Il lui avait carrément volé la primeur sur la présentation et l’interprétation de ses photos : mais elle n’aurait sans doute jamais eu l’idée qui les ont rendues importantes.

Il faut savoir qu’à l’époque de son Nobel, Watson n’a pas trente ans, et un bagage scientifique incomparablement plus léger que tous les gens qui l’entourent et qui ont fait les percées majeures qui rendent possible la découverte de la structure de l’ADN. Il passe sa thèse pratiquement la même année où il obtient le Nobel ! Il n’est pas étonnant qu’après ça il soit un peu lancé dans le vide d’une vie où il n’a plus rien à démontrer, et qu’il ait été capable de divaguer. Pas de deuxième prix Nobel pour lui. Je ne crois pas qu’il ait fait grand-chose d’important ensuite : mais c’est pour cela que le cas est si révélateur de la structure des révolutions scientifiques. Le génie n’est pas une propriété des individus, mais un esprit qui plane au-dessus d’un milieu favorable et qui finit par se poser quelque part.

Pauling est le professeur de Watson aux USA et c’est lui qui l’envoie en Europe. Pauling est sur la piste de la même découverte. C’est lui qui a décrit pour la première fois une structure spirale pour une macromolécule organique, et il continue à chercher dans cette direction pour l’ADN. Son fils est l’ami de Watson, il est avec lui en Angleterre et l’information circule très librement entre les trois. Malgré cela, il y a compétition et Pauling se fait coiffer sur le poteau par l’équipe de Cambridge, parce que c’est Watson qui, sans vraiment se fatiguer, a l’idée géniale qui manquait et qui résout toutes les difficultés à la fois : les base sont à l’intérieur, pas à l’extérieur. Elles s’apparient entre bases différentes. Elles forment des couples : chaque couple comporte une grande base et une petite base, et c’est pour cela que tous les couples peuvent avoir la même dimension, et qu’elles peuvent être appariées à l’intérieur de la structure glucido-phosphorique. C’est très simple : comme souvent ce qui est génial.

Traiter précocément contre le coronavirus

(Extrait du ‘debriefing’ en partenariat avec BonSens.org, du docteur Peter McCullough, spécialiste en médecine interne et maladies cardiovasculaires, et “vice chief of medicine” à l’université Baylor du Texas.)

Je pense que les historiens jugeront avec le recul, d’un œil sévère la FDA, le NIH et aussi l’Agence européenne du médicament. Toutes ces agences de régulation qui ont essayé de pousser des médicaments nouveaux et coûteux, des traitements avec une seule molécule, alors que nous utilisons habituellement plusieurs molécules pour les infections virales.

Ils ont largement ignoré, bloqué ou même porté atteinte à l’utilisation des médicaments génériques disponibles, en séquence ou en synergie avec différents suppléments : Zinc, vitamine D, vitamine C, Quercétine. Toutes ces molécules jouent un rôle complémentaire. Quand on traite des infections virales sérieuses comme le Sida, on utilise 3 à 5 médicaments, pour l’hépatite C on utilise 3 médicaments… Ce n’est pas une surprise que l’on ait, pour une infection sérieuse comme la covid, besoin de plusieurs médicaments.

Nos agences de recherche étudient une molécule seule à la fois, une par une. Ils ont largement échoué dans leur mission. Ils n’ont produit pour ainsi dire aucun outil pour nous aider à traiter précocement la covid-19 en ambulatoire.

Heureusement les médecins ont trouvé ! Avant les centres de recherche. Ce qui est courant en médecine. A propos, en médecine, nous n’avons jamais eu une situation où les agences gouvernementales ou Big Pharma nous aient apporté la solution. Les médecins trouvent toujours d’abord la réponse, et puis les essais cliniques arrivent plus tard, et affinent l’approche. 

Pensez-vous que la solution va venir des médecins, maintenant ?

Oui. Et j’ai un article approuvé pour publication, avec une analogie. Et je vais vous la fournir, pour les auditeurs : en cardiologie, quand nous avons utilisé des stents en métal pour pour la première fois, nous étions tellement inquiets que ces stents s’obstruent et bloquent ainsi la circulation sanguine, et tuent les patients, ce qui arrivait parfois effectivement, que nous avons utilisé de l’aspirine, du diyridamole, des doses complètes d’héparine, des doses complètes de warfarine, de la ticlopidine et du Dextran. Nous avons utilisé une combinaison incroyable d’anticoagulants pour garder ces stents ouverts. Nous n’avions pas d’essai clinique randomisé qui nous disait que nous pouvions le faire, nous avions juste peur pour la vie des patients. Et ensuite seulement, avec le temps, les essais cliniques sont venus après affiner notre approche.

Donc maintenant avec la covid-19, ce que nous faisons, ce que je fais, c’est prescrire le package de suppléments nutritionnels que j’ai évoqué (Zinc, vitamine D…), et j’utilise en plus soit l’ivermectine, soit l’approche avec l’hydroxychloroquine et la doxycycline ou azithromycine pendant 5 jours, en cas de symptômes pulmonaires j’utilise des corticoïdes, chez tous les patients j’utilise de l’aspirine 325 (mg) une fois par jour. Et pour tous ceux qui ont des risques plus élevés de complications thrombotiques, j’utilise de l’Apixaban en dose complète et des héparines de faible poids moléculaire.

C’est mon approche standard, je fais ça depuis le début du printemps, et mes résultats sont spectaculaires, je n’ose imaginer dans quel état désastreux se seraient retrouvés mes patients diabétiques avec des maladies rénales ou cardiaques, s’ils n’avaient pas reçu de traitement. Et “pas de traitement”, c’est ce que préconisent actuellement le NIH et la plupart des agences de régulation, et je pense que c’est une position honteuse de leur part.

Un article de Delphine Bensaïd, psychanalyste

De l’impensable à la liberté de penser

Publié le 08/12/2020 à 16:25

De l’impensable à la liberté de penser Pexels PARTAGER :

Auteur(s): Delphine Bensaïd pour FranceSoirA+A

Tribune : C’est en tant que psychanalyste, femme et citoyenne que j’écris ce texte. Face à ce que j’observe depuis l’arrivée de la pandémie dans mon entourage, chez mes patients et dans mon pays, je ne peux plus me taire. Sous mes yeux, des familles, des amitiés, des groupes jusqu’alors soudés se disloquent, se déchirent ou se murent dans une sympathie hypocrite. Noël s’annonce à couteaux tirés ou à boulets rouges si ce n’est dans une ambiance de guerre froide. Comment en est-on arrivés là, à ces clivages et divisions tranchantes qui abîmeront durablement les liens dont nous avons tant besoin dans nos vies ? C’est là que la psychanalyse intervient et nous aide à comprendre les réactions psychiques engendrées par la menace d’une maladie mortelle et les effets produits par la gestion chaotique de la crise sanitaire. Cet éclairage peut nous permettre à tous de renouer le dialogue et rouvrir les débats. Je souhaite donc lancer un appel citoyen au nom des valeurs fondamentales que sont la liberté, l’égalité et la fraternité car que serait un pays où la parole, pire, la pensée seraient « unes et uniques » et où les voix divergentes rendues dissidentes, suspectes ou coupables seraient contraintes de devoir prendre le maquis ?

Sigmund Freud, l’inventeur de la psychanalyse, nous a enseigné qu’« il n’y a pas de temps dans l’inconscient »1. Qu’est-ce que cela peut vouloir dire ? Entre autre, que toute notre vie, aussi bien nos figures parentales que les liens que nous avons établis avec elles influenceront nos rapports aux autres. De la même manière, certains mécanismes psychiques qui se sont mis en place au cours des premières années de notre existence perdureront et continueront d’opérer à notre insu et ce, de façon plus ou moins intensive et prégnante selon les moments et épreuves que nous traverserons.

Le petit d’homme, pendant de longues années, en raison de son incapacité à pouvoir se débrouiller seul pour subvenir à ses besoins n’a d’autres choix que de faire confiance à ses parents pour grandir et advenir. On ne peut que lui souhaiter des parents suffisamment bons2, comme nous l’expliquait Donald Winnicott au sujet des nourrissons, c’est-à-dire des parents qui répondent à ses besoins et ses demandes de façon bienveillante et sécurisante tout en lui permettant de se confronter progressivement aux manques et aux frustrations. A partir de là, l’enfant, de plus en plus assuré de l’existence et de la permanence d’un monde favorable à son bien-être, peut, au fil du temps, accéder à une perception de plus en plus nuancée, contrastée et complexe de l’univers qui l’entoure. Sa tache consistera donc, et ce tout au long de sa croissance puis de sa vie, à sans cesse affiner sa compréhension du monde et à trouver des réactions et des réponses les plus adaptées, l’obligeant, pour cela, à concilier à la fois ce qui vient du monde extérieur et de son monde intérieur (impressions, ressentis, émotions, sentiments…). Pour ce faire, les parents sont et restent durant longtemps ses modèles, ses supports d’identification, pour certains ses guides, si ce n’est pour d’autres, des quasi dieux vivants.

A ce stade, on peut mieux comprendre, aussi incroyable que cela puisse paraître, que même les enfants de parents maltraitants (violents physiquement et/ou verbalement aussi bien qu’incestueux) vont sans relâche et systématiquement prendre leur défense et tenter de les protéger au prix de leurs propres santés physique et psychologique. Car que seraient-ils sans eux, eux dont ils sont dépendants pour vivre, auxquels ils sont si attachés, dont ils sont, qui plus est, une sorte de prolongement ? Ainsi, tous les enfants, y compris ceux soumis aux pires sévices, sont dans l’impossibilité d’envisager que leurs parents puissent être habités d’intentions malveillantes à leur égard. C’est un impensable.

Plus tard, l’adolescence va consister à faire choir plus ou moins brutalement les parents de leur piédestal afin de permettre au jeune de se forger son propre avis sur le monde, son propre sens critique, ses propres idéaux, en somme une pensée qu’il fera sienne. Et même si ses parents sont de « bons parents », à chacun reviendra la charge de construire son propre libre arbitre. Freud nous le rappelait en citant Goethe : « Ce que tes aïeux t’ont laissé en héritage, si tu veux le posséder, gagne-le »3.

Certains modes d’éducation encouragent les enfants à construire leurs propres opinions, à affuter leurs arguments, à étayer au fur et à mesure leurs idées. Pour autant, tous les enfants ne sont pas éduqués de la sorte ni accompagnés de la même façon pour sortir de l’ombre des grands chênes que représentent leurs parents. Parfois, cette émancipation leur est même interdite. Malgré tout, on peut souhaiter que chaque adulte, au fil de sa vie, ait pu développer des capacités et un goût pour philosopher, c’est-à-dire interroger de façon contradictoire ce à quoi il est confronté (information, concept, question, événement, ordre, règle…) avant de décider de son positionnement.

Ainsi, dans notre inconscient, ceux qui ont pris initialement « soin de nous » et ont fait fonction d’autorité sont représentés par nos figures parentales. Plus tard, grâce au mécanisme du transfert inconscient, chaque personne ou instance devant « prendre soin de nous » et ayant valeur d’autorité (dirigeants en tout genre, médecin, enseignant…) sont placés dans l’inconscient en position de parents de substitution ou parents symboliques. De ce fait, les citoyens déplacent ou, dit autrement, transfèrent sur les gouvernants leur besoin primaire de confiance nécessaire à l’établissement d’un sentiment de sécurité existentielle. Comme vis- à-vis des parents d’origine, les dirigeants de l’Etat pourront être critiqués sur leur façon d’assurer leurs fonctions, mais sera presque inconcevable, comme dans l’esprit de l’enfant, y compris l’enfant maltraité, l’idée d’une intention malveillante de leur part. Nous retrouvons l’impensable évoqué plus haut. Pourquoi cet impensable nous est-il chevillé à l’esprit, au plus profond de nous-mêmes ? Parce qu’il nous renvoie à notre vulnérabilité vis-à-vis de ceux qui s’occupent de nous jusqu’à nous protéger en cas de danger et dont, pour cela, nous sommes tributaires. C’est ainsi que cela a été inscrit dans notre inconscient.

Que se passe-t-il quand cette sécurité de base fondée sur la foi en une bienveillance fondamentale est rompue ? Dans une telle situation, le risque est fort d’avoir recours à un fonctionnement archaïque qui renvoie aux premiers temps de l’existence, mis en lumière par Mélanie Klein, psychanalyste austro-britannique du milieu du XXème siècle. Qu’a-t-elle mis en lumière ? Que jusqu’à environ huit mois, le monde du bébé oscille entre un monde tout bon et un monde tout mauvais. Le tout bon correspond au bonheur absolu, le nirvana de la fusion. Le tout mauvais qui surgit quand le bébé éprouve la faim, l’inconfort, la solitude, la peur, etc., ressemble à un monde menaçant et hostile dans lequel il se sent jeté en pâture sans aucune défense ni possibilité d’y échapper, ce qui a pour effet de générer en lui une angoisse majeure de persécution (Mélanie Klein nomme cette étape du développement la position schizo-paranoïde 4 ). A partir du huitième mois, grâce à l’intériorisation d’un monde suffisamment bon, stable et sécurisant, le tout mauvais et le tout bon ne vont plus faire qu’un. Alors, le bébé va accéder progressivement à ce que Mélanie Klein a nommé la position dépressive5   caractérisée notamment par la perception par l’enfant d’un environnement de plus en plus contrasté et pluriel auquel il tentera de répondre de façon de plus en plus nuancée, subtile  et  complexe.  Pourquoi,  contrairement  aux  stades  du  développement6   de  Freud  (oral, anal, phallique), Mélanie Klein a préféré théoriser en terme de positions ? Son objectif était de défendre l’idée que tout individu peut, selon les situations auxquelles il est confronté, avoir recours à l’un ou l’autre des fonctionnements propres à chacune des positions psychiques (clivage ou ambivalence).

En quoi l’impensable et les concepts kleiniens peuvent-ils nous être utiles à l’heure actuelle ? Ce dont je peux témoigner, c’est que dès l’arrivée du coronavirus, une intense angoisse de mort, une insécurité profonde, une perte massive de repères se sont développées, conduisant de façon plus ou moins rapide vers des positions de clivage. Qu’est-ce qui a pu  provoquer une telle régression vers ce fonctionnement archaïque ? Commençons par reprendre quelques faits :

Au début de la pandémie, l’esprit des français, déjà affolé par l’arrivée d’un virus mortel sans aucune arme pour le combattre, a été embrouillé par un discours confus et contradictoire au sujet des masques, d’abord considérés comme inutiles puis rendus obligatoires dans les milieux clos, puis à l’extérieur et récemment recommandés dans la sphère privée.

Un mensonge d’Etat avéré : le stock de masques certifié suffisant quand les hôpitaux hurlaient en être dépourvus, autant que des blouses, obligeant certains soignants à se protéger avec des sacs poubelles.

Les hôpitaux débordés dans leurs capacités d’accueil (lits, personnel et moyens), au point d’être contraints de trier les patients (soigner ou laisser mourir). Les français ont été choqués de découvrir le démantèlement du système de santé qu’ils croyaient pourtant solide.

Au mois de juillet, le Président de la République nous annonce que « nous sommes prêts pour la seconde vague », grâce à quota élevé à 12.000 lits de réanimation qui permettront d’éviter un second confinement. Outre un deuxième confinement, ces promesses non tenues ont conduit à ébranler davantage la confiance des français déjà bien entamée.

Tout aussi anxiogène, nous avons assisté à une guerre intestine entre experts, médiatisée à outrance, au sujet du traitement à base d’Hydroxychloroquine jusqu’au scandale du Lancet publiant une étude trafiquée et mensongère. Au-delà du débat qui persiste sur l’efficacité de ce médicament sur ce virus, demeure une incompréhension totale quant à l’interdiction pure et simple de cette molécule soudainement jugée dangereuse alors que des milliards de doses ont été délivrées à travers le monde depuis des décennies et sans ordonnance.

Un processus d’infantilisation au travers de mesures sanitaires draconiennes, des suppressions massives de libertés et des contrôles de police armée d’amendes exorbitantes.

Et pour accroitre le climat de peur généralisée, chacun a pu être taxé d’irresponsabilité, voire être culpabilisé ou accusé d’engendrer la mort s’il enfreignait la moindre des règles édictées par le gouvernement (comme celle de marcher sans masque dans une rue déserte).

Comment, à présent, demeurer serein devant le nouveau débat acharné au sujet des vaccins, entre les pro-vaccin ou pro-vaccin obligatoire et les anti-vaccin qui brandissent le principe de précaution face à une innovation technologique (ARNm) non éprouvée causant d’éventuels effets secondaires à courts, moyens ou longs termes ?

En résumé, alors que l’Etat était censé protéger son peuple et en assurer la sécurité, il l’a soumis depuis bientôt une année à des discours et injonctions contradictoires, des débats d’experts sans issue, des mensonges et promesses non tenues, des décisions illogiques et des mesures liberticides, tout cela dans une atmosphère de peur et de répression grandissante.

A quoi tout cela nous mène-t-il aujourd’hui ?

Pour certains français, l’impensable malveillance du début de l’exposé les pousse, je dirais même plus, les oblige à défendre coûte que coûte leurs dirigeants même s’ils perçoivent bien que « quelque chose cloche ». Car imaginer que l’Etat, ou quelques-uns de ses membres, puisse être motivé par d’autres intérêts que ceux de ses citoyens, engendrerait une telle angoisse de vulnérabilité ou une telle remise en question des « parents de substitution » qu’ils préfèrent en éjecter la simple hypothèse. Dès lors, ils se soumettent, obéissent, jouent les enfants modèles pour éviter d’attirer la foudre (de l’amende ou de la mort). Quant à ceux qui osent émettre quelques interrogations sur le bien fondé des décisions gouvernementales, ils passent illico du côté des mauvais, des tout mauvais, des suspicieux, ou des ingrats, ou des incompétents, ou des jamais contents. Ces divisions extrêmes et radicales au sein de notre population doivent nous alerter car elles indiquent que le clivage archaïque des premiers  temps de l’existence (en tout bon ou tout mauvais, accompagné de ses pensées persécutives) a repris la main conduisant à une guerre froide entre complotistes selon les uns et asservis selon les autres. Autrement dit, celui qui n’est pas d’accord avec moi est contre moi, ne mérite plus que d’être rejeté parfois dans les extrêmes, devenant presque mon ennemi. Ainsi, les tensions qui devraient se jouer entre les citoyens et leurs dirigeants sont transférées au sein-même de la population qui dès lors se déchire entre opposants et défenseurs de l’Etat. Pendant ce temps-là, le gouvernement gouverne à sa guise.

Depuis des mois, j’observe donc ces phénomènes grandissants. Et aujourd’hui, je pousse un cri d’alarme. Un des éléments déclencheurs de ma prise de parole est le récent emballement et déferlement de hargne autour du documentaire Hold-up. De quoi s’agit-il ? D’un film relevant des faits observés au cours de la crise sanitaire, de questionnements relatifs à la gestion de la crise, de mises en lumière d’incohérences, de propositions d’hypothèses cherchant à répondre à la question : pourquoi ? Pourquoi autant d’illogismes ? Pourquoi de telles mesures souvent incompréhensibles et si dommageables pour la population ? Soyons clairs. Mon propos n’est pas, ici, de discuter si ce documentaire est critiquable ou pas. Il vise à pointer le radicalisme des réactions qui ont déferlé, composées de critiques dépourvues de toutes nuances ni pondérations, invitant – doux euphémisme – à le rejeter dans sa totalité, l’enfermant dans un seul signifiant, celui de « complotisme ». Comment en est-on arrivé aujourd’hui, en France, à censurer des idées, attaquer la liberté d’expression, interdire l’évocation de dénonciations et de simples hypothèses ? Il est tentant d’envisager que d’accepter un seul point du documentaire équivaudrait, imaginairement, à ouvrir la boite de Pandore. Dans ce cas, tout rejeter en bloc apparait, en effet, plus confortable et rassurant. De même, il est choquant, si ce n’est inquiétant, de constater qu’un grand nombre de citoyens se sont emparés de ces condamnations radicales et indiscutables sans qu’ils n’aient estimé utile de visionner eux-mêmes le documentaire, laissant ainsi à d’autres le soin de penser et juger à leur place quand la situation de notre pays est pourtant si grave.

Et tant que psychanalyste, je constate aujourd’hui que notre société est atteinte d’une sorte de paranoïa où le « pour » est l’ennemi de « l’anti », où la nuance et l’ambivalence n’ont plus leurs places. Masque, vaccin, Hydroxychloroquine, gouvernement… autant de sujets soumis à cette division radicale et dangereuse. Or, nous pouvons, et peut-être devons-nous urgemment nous interroger, exiger des explications, de la clarté et de la transparence. Je voudrais inviter chacun à sortir du clivage archaïque, à rouvrir les débats, quitter les postures figées et/ou extrêmes, accepter et accueillir la différence des points de vue pour réfléchir ensemble à ce qui nous arrive. Refusons d’être considérés comme des enfants pas assez experts ou pas assez érudits pour prétendre à comprendre. Les gouvernants ne sont pas des parents tout puissants ni même des parents tout court. Me vient à ce stade de mon exposé cette citation de Jacques Lacan qui prend en ce moment un sens tout particulier : « un roi qui se prend pour un roi n’est pas moins fou qu’un fou qui se prend pour le roi ».

En tant que mère, femme et citoyenne, je réclame pour chacun le droit de poser des questions qui lui paraissent légitimes et d’obtenir des réponses sans être jugé paranoïaque. Je réclame le droit pour chacun de pouvoir douter des gouvernants ou de certains d’entre eux sans être accusé de soutenir la théorie du complot. Car, sans aller chercher très loin, nous pouvons nous demander ce qu’il en aurait été des affaires telles que celles du sang contaminé, de l’amiante, du Médiator et actuellement de la Dépakine, si personne ne s’était questionné, n’avait douté ni enquêté. Et si l’on regarde dans le passé et au-delà de la sphère médicale, l’histoire nous a montré que le pire est toujours possible. Ainsi, croyant profondément à la valeur du libre arbitre et de la liberté de penser, je défends aujourd’hui le droit de chacun à demander pourquoi, à exiger de ne pas être infantilisé ni menacé par un Etat qui a été mis aux commandes par ses citoyens et qui méritent, pour cela, d’être respectés et informés honnêtement de ce qui les concerne.

J’appelle de même les gouvernants à reconnaître leurs failles, leurs loupés, leurs méconnaissances, leurs incertitudes et alors, à présenter leurs excuses. Qu’ils puissent faire machine arrière et reconnaître qu’ils ont pu se tromper, qu’ils ont pu mal agir, qu’ils ont pu opter pour les mauvais choix. J’appelle à ce qu’ils fassent la lumière sur leurs éventuels liens d’intérêt, sur les ressorts de leurs décisions, qu’ils gèrent plus qu’ils ne dirigent, qu’ils quittent la scène s’ils ont échoué, qu’ils cessent de considérer les citoyens comme des sujets dociles ou des rebelles à corriger. Incombe au gouvernement actuel et aux prochains à venir de redonner ainsi confiance aux français en les politiques.

Enfin, je lance un appel aux médias, a fortiori aux plus grands d’entre eux, pour qu’ils accordent de nouveau une place de choix au raisonnement dialectique et aux débats contradictoires afin de permettre à leurs auditeurs, lecteurs et téléspectateurs de se forger leurs propres avis et non de leur imposer un seul son de cloche, celui qu’ils défendent (mais que diable défendent-ils au juste ?). Leur façon univoque de dispenser l’information n’a eu pour effet que de favoriser l’émergence et le renforcement des clivages, le repli dans des positions extrêmes qui condamnent l’altérité et la différence autant que le doute. Une illustration de ce que nous pourrions qualifier d’obscurantisme réside, si l’on garde le même exemple, dans le traitement médiatique de ce fameux documentaire Hold-up. En effet, nous avons assisté à ce qui présente toutes les caractéristiques d’un lynchage organisé. Or, on peut penser que ce documentaire a trouvé son succès (plusieurs millions de visionnages) car bon nombre de français y ont retrouvé leurs interrogations demeurées à ce jour sans réponse. Ce que nous attendons pourtant des médias, ce sont des investigations et des éclairages de tout bord et non qu’ils prononcent ou relaient des discours manichéens visant parfois à ridiculiser, condamner voire culpabiliser ceux qui se questionnent. Sinon la méfiance et la défiance ne feront qu’augmenter.

Alors, avec force et détermination, ensemble, philosophons et interrogeons-nous en toute clairvoyance et responsabilité. Acceptons l’altérité et nos différences d’opinion. Défendons et revendiquons le débat contradictoire, la pluralité des idées. Nous pouvons exiger de nos gouvernants qu’ils respectent leur contrat politique et leurs engagements de nous protéger, nous permettre de vivre et d’évoluer selon les fondements de la démocratie. Car à aucun prix, nous ne devrions accepter de voir amputée notre liberté d’être et de penser.

Delphine Bensaïd Psychologue – Psychanalyste

1 Sigmund Freud (1915). « L’inconscient ». In Métapsychologie, Paris, Gallimard, 2003, p. 96

2 Donald Winnicott (1956). « La préoccupation maternelle primaire ». In De la pédiatrie à la psychanalyse. Paris, Payot, 1969, p. 168-174

3 Sigmund Freud (1938). Abrégé de psychanalyse, Paris, PUF, 2001, p. 84

4 Mélanie Klein, (1946). « Notes sur quelques mécanismes schizoïdes ». In Développements de la psychanalyse, Paris, PUF, 1966, p 274-300

5 Ibid.

6 Sigmund Freud (1905). Trois essais sur la théorie de la sexualité, Paris Gallimard, coll. Idées, 1962

Auteur(s): Delphine Bensaïd pour FranceSoir

Sur la haine du génie

Cher ami,

Je découvre ‘menace-théoriste’. As-tu souvent fréquenté ce site ? Je ne le connaissais pas. J’ai trouvé cette vidéo où l’on peut mieux se faire une idée du calibre de Florian Cova :

Le type est bardé de certifications institutionnelles, qu’il ne manque pas de poser d’emblée sur la table, et semble raisonnablement instruit, pour quelqu’un de sa génération. Il a visiblement fait quelques lectures. Cela ne m’empêche pas de trouver qu’il est surtout bardé de quelques préjugés anciens ou plus récents mais collectivement dominants.

Dans l’article que tu m’as passé, Cova s’énerve surtout en raison de la pose sociale de Raoult, qui ose s’affranchir des idées dominantes ( en réalité seulement localement dominantes). Il l’accuse donc d’orgueil. Et comme il pense que ses idées thérapeutiques sont une impasse il le traite de faux génie. Mais en réalité, si Cova voit des faux génies, c’est parce qu’il est dans la critique radicale de la notion de génie. Et je soupçonne que la raison pour laquelle il pense que la bithérapie ne marche pas, ce n’est pas en raison des études diverses et multiples sur le sujet (la messe n’est pas dite), mais c’est parce qu’il pense que Raoult ne peut pas avoir trouvé un remède efficace, parce que par définition la science selon lui ne progresse jamais autrement que grâce aux efforts collectifs. Cova fonctionne en réalité à l’envers, comme c’est le cas je le soupçonne de beaucoup de critiques de bonne foi de Raoult (je mets à part les affidés stipendiés de Gilead ). L’ironie de l’affaire, c’est que la bi-thérapie attribuée en propre à Raoult n’est pas de son invention, et que son usage ne lui est pas propre si l’on considère la scène mondiale. Si elle était universellement reconnue, ce ne serait pas comme une production de son génie.

Cova fait en réalité une critique radicale de la notion de génie novateur en sciences et défend la thèse dominante de la primauté du travail collectif. Je crois que le débat, s’il allait au fond des choses, devrait se centrer sur la validité du consensus en science, dont les gens comme Cova font la preuve ultime de véracité.  Moi, je préfère les gens qui s’affranchissent des préjugés et sortent du consensus. Il est dans l’autre camp, comme dirait le préfet Lallement. C’est un débat de fond, et il me semble que nier le rôle déterminant du génie individuel, souvent méconnu par son milieu scientifique d’origine, parfois persécuté, est historiquement indéfendable.

Personnellement, je ne crois pas au travail collectif, mais seulement au concert des esprits et à la construction de la découverte par idées suscitant des idées en passant d’une personne à l’autre : l’image est celle de la ligne de trois-quarts d’une équipe de rugby qui progresse vers l’essai en se passant la balle. Mais à chaque moment c’est un seul joueur qui porte la balle, et à la fin on sait qui marque l’essai. C’est toute l’équipe qui marque, si l’on veut, mais pas vraiment. Il y a un moment décisif qui n’appartient qu’à un seul.

Lorsque l’on parle de science, on met en avant l’ ‘équipe’, mais c’est pour glorifier une hiérarchie, et donc un contrôle par le haut, y compris sur les idées, qui n’existe pas dans l’équipe de rugby. Je préfère la notion de ‘milieu’. Les époques de productivité scientifique, littéraire, artistique, sont celles où il s’est constitué un milieu d’esprits indépendants qui communiquent entre eux.

As-tu lu ‘la double hélice’ de James Watson, sur la découverte de la structure de l’ADN ? Si ce n’est pas le cas, comme c’est un texte assez court, vivant et très éclairant, je ne peux que te le conseiller. Il y a une très belle édition, avec plein de commentaires et de photos expliquant les tenants et aboutissants de la découverte : « Double Helix, James D.Watson, edited by Alexander Gann and Jan Witkovski » . On l’obtient sur Amazon.

A suivre le récit de Watson, on voit à quel point les idées qui conduisent à la découverte majeure (changement de paradigme) sont nombreuses et sont dues à plusieurs dizaines de personnes différentes qui travaillent à des choses différentes à des endroits différents, mais qui sont en communication. Mais il y a un moment de la découverte finale, qui résulte d’une idée qu’a soudain James Watson sans laquelle toutes les autres réunies ne se seraient jamais composées en découverte majeure faisant changer de paradigme. Si bien que ce ne sont même pas à proprement parler Watson et Crick qui ont découvert la structure de l’ADN, mais Watson tout seul (bien sûr j’exagère).

Watson n’aurait jamais rien découvert s’il n’avait pas reçu les idées de plusieurs dizaines de savants, depuis Schrödinger (le plus lointain) jusqu’à Wilkins (le plus proche), en passant par Pauling, Luria, Perutz, Kendrew, Franklin etc, et même, crucialement, son ennemi intime Erwin Chargaff.

L’idée clé de voûte surgit à un moment précis, le 15 mars 1953, et dans une cervelle précise. Crick dira : « Si James Watson avait été tué par une balle de tennis, je n’aurais jamais découvert tout seul la structure de l’ADN ». C’était une allusion au fait que Watson (le moins instruit de tous ceux qui avaient contribué à la découverte, le plus jeune et le plus désinvolte) passait trop de temps à jouer au tennis au lieu d’être au laboratoire. L’idée terminale et décisive était que les bases ne s’associaient pas, comme tout le monde présupposait C avec C, T avec T, A avec A etc.… Mais CG, TA, etc. , réalisant un système positif-négatif pour la duplication. Une fois de plus, la science avançait parce qu’un génie avait eu une idée évidente et géniale que personne d’autre n’avait eue avant lui. Le génie, c’était juste le mépris du consensus et du qu’en-dira-t-on. On est tenté de penser que la qualité majeure de Watson, c’était son ignorance et le fait qu’il n’était à Cambridge qu’un petit stagiaire américain d’ores et déjà réputé pour ses mauvaises manières et son manque de sérieux. C’est au moins l’image qu’il donne de lui-même dans son récit.

Pour Cova, je continue le visionnage d’une oreille distraite, car le gars est plutôt diffus et s’intéresse surtout à la psychologie du complotisme, ce qui n’est pas une attitude charitable pour ceux qui mettent en cause ses conceptions épistémologiques figées.…

JP

Florian Cova, contre Raoult et Feyerabend

Costa dit :

« Comme on le voit, donc, les concepts fondamentaux de la philosophie de Popper vont directement à l’encontre de la conception que Didier Raoult se fait de l’activité scientifique. Qu’il ne semble même pas le réaliser nous fournit un premier indice de son incapacité à lire les philosophes des sciences et à les relire à sa sauce. »

Ici, le critique fait un grand cas de Popper, pour qui la médecine est hors champ, et reproche à Raoult de le méconnaître, et même de l’utiliser, mais mal, alors qu’en réalité, relevant d’une science d’observation c’est à juste titre qu’il le prend peu en considération et ne le discute pas.

Pour situer les camps : Feyerabend est étudiant quand Popper est assistant de Wittgenstein. Feyerabend admire Wittgenstein et méprise Popper. La citation ci-dessus ne prouve pas une contradiction chez Raoult. On peut et même on doit logiquement être critique de la théorie poppérienne si l’on a compris Feyerabend. La théorie poppérienne, le falsificationnisme, est celle que l’on diffusait au lycée dans les années soixante. Elle est surtout pertinente pour rendre compte du fonctionnement de la recherche en physique fondamentale et en cosmologie au tournant du siècle, avec les controverses entre la théorie quantique et la relativité. On y voit en effet fonctionner dans sa plus grande pureté le va et vient entre modélisation et expérimentation, avec une contribution à peu près nulle de la pure observation des phénomènes naturels.

Le falsificationnisme poppérien a peu de pertinence pour les sciences autres que la physique la plus mathématisée, auxquelles d’ailleurs un poppérien cohérent donnerait à peine le statut de sciences : quel est le rôle de l’expérimentation en botanique, en anatomie, en zoologie ? Et s’il y a de la théorie en philologie, en ethnologie, en anthropologie, en économie, c’est de la théorie qu’un poppérien déclarerait globalement infalsifiable et donc sans valeur. En réalité, il n’y a pas lieu, quand on fait de la biologie ou même de la médecine expérimentale, de révérer Popper, qui implicitement méprise ces disciplines, qui à ses yeux sont infra-théoriques et pas vraiment scientifiques. Pour les Poppériens, il n’y a de science que là où il y a de la mathématique.

Sur Kuhn, le critique fait une présentation correcte. Le concept important est celui de paradigme. L’idée, c’est qu’une même configuration observée peut se voir de plusieurs façons incompatibles. Lorsqu’on découvre une nouvelle façon de voir qui intègre des faits inassimilables par celle qui faisait jusque là consensus, on a une révolution scientifique.

La leçon donnée par Kuhn est d’ouverture d’esprit. Cela dérange les tenants d’une orthodoxie institutionnalisée, et encourage l’esprit qui conteste les évidences les plus généralement admises. Exemple classique : on croit que le soleil tourne autour de la Terre, mais tout le mouvement des planètes peut aussi s’expliquer, et même mieux, si l’on fait l’hypothèse que la Terre tourne sur elle-même, et aussi autour du soleil. Toutes les perceptions changent, sans que presque rien n’ait changé dans les faits. C’est un peu comme cette expérience proustienne, lorsque un personnage qui se sentait jeune et beau se découvre dans le miroir et voit pour la première fois qu’il est devenu vieux. Changement de paradigme.

Ici, le critique désapprouve beaucoup que Raoult s’autorise de Kuhn pour ne pas s’aplatir devant le ‘consensus scientifique’, mais c’est exactement ce qu’autorise Kuhn. Il n’y a pas d’abus théorique de la part de Raoult. Il n’y a pas non plus chez lui le dénigrement de la science quotidienne, celle qui ne change pas le paradigme mais exploite les possibilités du paradigme dominant. C’est une accusation infondée. Raoult a compris comme tout le monde que la science quotidienne et les révolutions paradigmatiques sont deux moments nécessaires. Kuhn est le moins contesté des grands épistémologues récents. Il est beaucoup moins contestable et beaucoup plus utile que Popper, pourtant plus souvent invoqué, parce qu’il flatte l’impérialisme des mathématiques. Feyerabend prend en compte l’apport majeur de Kuhn. Il se distinguera de lui en cela que pour lui la recherche quotidienne et les révolutions scientifiques ne se produisent pas dans des temps séparés. Toute recherche peut déboucher sur un changement de paradigme, et doit s’effectuer dans cette perspective.

Je passe donc à Feyerabend :

Où l’on trouve les racines de l’entreprise actuelle d’asservissement des praticiens observateurs par les bureaucraties institutionnelles appuyées sur la modélisation :

Feyerabend est de loin le plus intéressant et le plus stimulant des trois épistémogistes ici examinés. Evidemment, c’est celui que le critique institutionnel orthodoxe déteste.

Sur Feyerabend, le début de la présentation, quoique marqué par une hostilité de principe évidente, est à peu près acceptable. Mais la traduction qu’il donne du célèbre « anything goes » est mauvaise. Le critique traduit « anything goes » par « tout se vaut », alors qu’il explique plutôt bien un peu plus haut que le vrai sens est « tout est bon » ou « tout est permis ». Il s’agit de la méthode : et donc du rejet de toute méthode définie par avance.

Le critique donne le vrai motif de sa détestation de Feyerabend :

« Feyerabend encourage un pluralisme radical en sciences – ce qui le conduit à considérer la mythologie grecque ou le vaudou comme des candidats aussi sérieux que la relativité générale ou le darwinisme. Notons toutefois que Feyerabend admet lui-même que son pluralisme n’est pas tant motivé par la vérité que par un désir de défendre une certaine forme d’humanisme libertaire contre l’autorité (selon lui excessive) que nos sociétés accordent à la science (il trouve ainsi aberrant que l’école puisse décider quelles théories scientifiques doivent être enseignées). »

Tout ceci est vrai, mais vu comme un paysage à travers un verre dépoli, de façon déformée.

Feyerabend n’ ‘encourage pas’ un ‘pluralisme radical’ en sciences : il le constate. Car il n’y a pas de ‘consensus scientifique’. Il y a des querelles de chapelles, des malentendus inaperçus, et des orthodoxies cimentées par des intérêts.

Pluralisme : d’une part, les différentes disciplines ne sont pas conceptuellement unifiées. Un biologiste mesure des vitesses avec un concept du temps et de l’espace qui est problématique pour un physicien relativiste. Et pourtant, la biologie est dépendante de la physique. On utilise des lois de la thorie quantique pour découvrir la structure de l’ADN. Dans le même labo, le temps est réversible dans l’appareil à critallographie, mais pas dans la boîte de Pétri. Tout de même, on fait semblant de rien. On bricole. On découvre. C’est du plus pur Feyerabend.

Pluralisme encore, d’une autre sorte : Feyerabend croit en effet que le savoir humain ne commence pas hier : ce qui est la position implicite des défenseurs d’une science unifiée progressant continûment, pour qui seul l’état le plus récent des connaissances a une quelconque valeur. Il faut sans cesse réactualiser l’encyclopédie, et oublier les œuvres originales, où les scories l’emportent de loin sur ce que l’on gardera dans le manuel : c’est comme cela que nous avons été formés. Nous sommes physiciens, biologistes, chimistes, mais qui de nous a lu Mariotte, Lavoisier, Pasteur ou Darwin ? On s’indigne que Kant ait pu être raciste ? Mais que dirait l’étudiant contemporain moyen de la métaphysique de Newton ? Feyerabend montre de façon lumineuse comment l’idée d’une science unifiée, c’est à dire unifiant les idées de Newton, par exemple, avec celles de nos chercheurs contemporains est une fabrication des manuels de physique qui choisissent parmi les idées de Newton celles qui s’intègrent commodément dans un cours de mécanique pour ingénieurs, et ignorant les autres, qui étaient tout autant la théorie de Newton. Il montre que notre médecine est en continuité avec les pratiques empiriques qui viennent du fond des âges et que l’humanité a toujours accumulé du savoir. Il dénie l’idée d’un ‘seuil’ de scientificité que l’humanité aurait franchi à un certain moment, à partir duquel seulement le savoir se serait mis à posséder cette essence supérieure : et d’ailleurs où le fixer ? Est-ce que le savoir est de la ‘science’ à partir de Descartes, de Newton, de Lavoisier, ou seulement depuis le prix Nobel 2020 ? Les vrais obscurantistes sont ceux qui veulent que l’on occulte tout le trésor de savoirs et de pratiques accumulé depuis des millénaires, au profit d’un consensus strictement contemporain sur des théories à la fois distinctes, parfois contradictoires et en tous cas artificiellement cousues en un ensemble trompeusement appelé ‘LA science’.

Pluralisme : Feyerabend dit en effet qu’il n’y a pas lieu d’enseigner la théorie de l’évolution telle que nous la concevons aujourd’hui sans dire aussi que demain nous la concevrons peut-être autrement, que d’autres théories se présentent ou se sont présentées, et que certaines conceptions aujourd’hui considérées comme obscurantistes seront peut-être un jour réhabilitées, comme semble-t-il en ce moment l’hérédité des caractères acquis. N’a-t-on pas ressuscité au vingtième siècle l’ ‘atome’ conçu par Démocrite, puis rendu anathème par des siècles d’aristotélisme ?

Pluralisme : il n’y a pas LA science, et il n’y a pas LA méthode. On ne peut donner que très peu d’exemples de recherches qui soient comparables au plan de leur méthodologie. Chaque recherche significative développe sa méthode, d’autant plus incomparable avec toute méthode précédemment utilisée qu’elle est plus significative. Feyerabend partage avec Kuhn le concept d’‘incommensurabilité’ pour exprimer que l’on ne peut pas décrire une théorie nouvelle avec les concepts d’une théorie antérieure. Deux théories sont comme deux langues étrangères dont les vocabulaires respectifs impliquent des visions du monde réciproquement incommunicables en dépit de la pratique, toujours trompeuse, de la traduction.

En conclusion, je ne suis pas du tout certain que Raoult ait une connaissance approfondie en épistémologie, mais il ne prétend pas non plus en être un spécialiste, et son critique, qui, lui, fait profession de philosophie, n’impressionne pas non plus par la profondeur de sa réflexion. L’anarchisme épistémologique consiste à dire qu’une recherche qui ne se donne aucune règle fixe et surtout aucune qui soit fixée par une autorité extérieure a plus de chances d’aboutir à des résultats qu’une recherche encadrée par des principes méthodologiques fixés à l’avance. C’est une position philosophique du plus grand intérêt et Feyerabend est un excellent générateur de maximes pour le chercheur. Raoult l’invoque à bon droit pour justifier ses attitudes non conformistes, même s’il ne connaît pas tous les aspects et toutes les implications de son oeuvre.

Je termine par quelques maximes et observations Feyerabendiennes décoiffantes, mais qui tirent leur justification du fait qu’elles décrivent la pratique scientifique réelle des grands découvreurs du passé, telle qu’une histoire non réécrite par les manuels la raconteraient (Feyerabend a spécialement étudié le cas le plus paradigmatique des changements paradigmatiques : Copernic et Galilée) :

– L’anarchisme théorique est plus fructueux qu’une recherche dominée par la règle et la discipline.

– La seule règle qui ne s’oppose pas au progrès est : « tout est permis »

– Une hypothèse a le droit de contredire la théorie la plus solide.

– Une hypothèse a le droit d’aller à l’encontre de l’observation.

(Incidemment, cette dernière maxime détruit tout le début de l’article, sur lequel j’ai passé, concernant Bacon. Bacon est accusé par le critique d’avoir donné une primauté absolue à l’observation (inductivisme naïf reproché à Raoult). On voit ici que ce n’est pas la position de Feyerabend. L’insistance sur l’observation est seulement une réaction nécessaire devant l’impérialisme du calcul.)

Toute idée, aussi ancienne et absurde soit-elle, est susceptible d’accroître la connaissance.

– Aucune théorie ne s’accorde jamais avec tous les faits du domaine couvert.

Des observations contradictoires entre elles et impossibles selon la théorie dominante peuvent être librement intégrées ou rejetées pour élaborer de nouvelles hypothèses.

La raison n’est pas un instrument de la recherche scientifique, mais de l’ordre social global.

– Il ne peut pas exister de principes généraux permettant d’évaluer une théorie scientifique.

Toute recherche doit se faire dans la perspective d’un changement paradigmatique possible.

Ni la science ni la rationalité n’ont de privilège anthropologique. Ce sont seulement deux produits de cultures particulières, qui n’ont aucune légitimité à se prétendre supérieures aux autres.

– La rationalité est susceptible d’améliorations, mais ce que l’on considère comme une amélioration est susceptible de varier.

Docteur Random et Mister Foutraque

(Notre mise au cabinet noir est-elle scientifiquement fondée ?)

Communication de PLT :

Le paradoxe de Simpson

Première histoire : ce sont des docteurs et non plus des hôpitaux. Ils ont bien écouté les messages de la DGS de ne pas abuser de la chloroquine ce qui explique que le nombre de patients non-traités est de 350 pour seulement 85 traités (ils avaient quelques doutes et ils sont curieux.). Mais ici, les effectifs traités et non-traités sont plausibles alors que tu as immédiatement vu qu’il y avait un problème avec les hôpitaux. Les 10 confrères partagent leurs résultats. Stupéfaction! Pour toutes les patientèles, le pourcentage d’échecs est plus grand chez les non-traités que chez les traités ! furieux, ils demandent au ministre une opinion éclairée. Le Ministre reprend tous les chiffres et sa conclusion est que le pourcentage d’échecs sous chloroquine (12/85=0.14) a été, de peu il est vrai, supérieur à celui des non- traités (47/350=0.13) ce qui le conduit à conclure que la chloroquine n’a pas d’efficacité avérée et que compte tenu de ses effets secondaires chez le patient âgé, il vaut mieux s’en passer.


effectifsCas echec% echecconclusion
DoctorsTraités chloronon Traitéschloronon-traitéschloronon traitésDelta % non-traites vs chloroconclusion efficacité de la chloro
15600100.0166670.017oui
21050160.10.120.020oui
31060170.10.1166670.017oui
41045150.10.1111110.011oui
5520290.40.450.050oui
6510130.20.30.100oui
72030470.20.2333330.033oui
85300200.0666670.067oui
91035140.10.1142860.014oui
10510130.20.30.100oui
Total8535012470.140.18287




% chlor% non-traités






0.14120.1343   non ; % global de mortalité supérieur pour les traités chloroquine

Seconde histoire : c’est mon exemple initial, mais cette fois, le nombre de traités et de non-traités est le même pour chaque hôpital, mais il persiste des différences d’effectifs entre les hôpitaux (je n’ai rien changé des pourcentages). Ici, on observe que les conclusions individuelles et la conclusion globale sont qualitativement les mêmes, mais le pourcentage moyen d’échecs (0.028 vs. 0.035) n’est pas le même que celui de la moyenne des pourcentages (0.034 vs 0.0445).


effectifs% echec
Cas d’echecs
HôpitauxTraités chloronon TraitésTraités chloroNon traités Traités chloronon traitésconclusion efficacité de la chloro
115000150000.010.015 150225oui
2500050000.040.045 200225oui
3100010000.070.08 7080oui
410000100000.050.06 500600oui
55005000.040.07 2035oui
62002000.040.05 810oui
7200020000.010.015 2030oui
85005000.010.015 57.5oui
9400040000.020.025 80100oui
10100010000.050.07 5070oui
Total39200392000.03400.0445
11031382.5





%echec0.0281380.035268oui

Dernier exemple : toujours mon exemple initial, mais cette fois les effectifs sont les mêmes pour les traités et non-traités et également les mêmes entre les hôpitaux. Maintenant les conclusions sont les mêmes qualitativement et numériquement


effectifs% echec
Cas d’echecs
HopitauxTraités chloronon TraitésTraités chloroNon traités Traités chloronon traitésconclusion efficacité de la chloro
115000150000.010.015 150225oui
215000150000.040.045 600675oui
315000150000.070.08 10501200oui
415000150000.050.06 750900oui
515000150000.040.07 6001050oui
615000150000.040.05 600750oui
715000150000.010.015 150225oui
815000150000.010.015 150225oui
915000150000.020.025 300375oui
1015000150000.050.07 7501050oui
Total1500001500000.03400.0445
51006675





%echec0.0340.0445oui

Je pense que ce petit exemple doit faire réfléchir et il montre qu’il peut être difficile de s’entendre sur des chiffres. J’ai bâti l’exemple initial de l’hôpital en 5 minutes avec pour objectif d’avoir ce que les spécialistes appellent le paradoxe de Simpson.

Mon exemple est complètement pourri et on ne peut rien en tirer si on est un bon statisticien avec de l’éthique. On pourrait seulement conclure, si les 10 hôpitaux étaient effectivement tous les hôpitaux des Bouches-du- Rhône, que le pourcentage de mortalité des traités avec chloroquine dans les Bouches-du- Rhône a été supérieur à celui des non-traités, mais en aucun cas, on ne pourrait affirmer que c’est la chloroquine qui est la responsable ! Dans ce genre de résultats, on a de nombreux biais dont le plus fréquent est celui du facteur de confusion et pour mon exemple, le premier facteur de confusion à considérer serait que les patients à la chloroquine étaient plus gravement atteints que les autres et sont morts de la covid-19 et non de la toxicité de la chloroquine. On meurt plus souvent dans un lit mais on ne peut pas dire qu’un lit est dangereux.

Bref, mon exemple illustre pourquoi la randomisation est une nécessité (contrairement à ce que dit le sociologue dont tu m’as envoyé la vidéo) et pourquoi les essais cliniques contrôlés apporte des preuves d’un niveau supérieur aux résultats des études observationnelles qui ne sont pas randomisées. Cela ne veut pas dire qu’un essai clinique est toujours valable et ils peuvent être entachés de nombreux biais (voir ce site) ou tout simplement conçus pour tromper son monde en répondant à une question sans intérêt médical mais juteuse sur le plan marketing.

Un autre aspect des essais cliniques est leur caractère de double-aveugle pour éviter les opinions (biais cognitifs) dont un très bel exemple est celui de la comparaison Coca-Cola vs. Pepsi ! Le neuromarketing (interdit en France) joue à fond avec cela pour imposer une marque en capitalisant sur sa notoriété et non sur la qualité substantielle du produit vendu. Je peux te passer cette publication qui me semble emblématique de nos biais.

Toutes ces notions ont été progressivement acquises depuis la fin de 19e siècle avec l’histoire du début de la fin de la saignée et du petit numéricien Pierre Charles Louis qui s’est fait écraser par Broussais dont la faconde valait celle de Raoult. Mais tout cela reste incommunicable au profane qui peut très vite tomber dans des chausse-trapes (lorsqu’il est un médecin de bonne foi) et surtout, manipulable à souhait par des professionnels (l’exemple serait peut-être celui du Brexit avec Cambridge Analytica et le recours à l’IA etc.)

Ma réponse :

Cher ami,

Merci pour l’exposé. Je ne me souviens pas du passage où Jean-Dominique Michel s’en prend aux essais randomisés. Je pense que la critique la plus convaincante que j’en aie entendue jusqu’ici n’est pas de principe. Elle consiste à souligner les problèmes pratiques de leur mise en œuvre, qui explique d’ailleurs, ai-je cru comprendre, leur rareté dans la littérature qui fonde l’usage, en réalité toujours très empirique, de la plupart de nos médicaments, en dépit de l’approbation majoritaire dont ils bénéficient. L’essai randomisé, en quelque sorte, c’est la Rolls des essais. Tout le monde ne peut pas rouler en Rolls, et nombre de ceux qui en font l’éloge se contentent en pratique d’échantillons constitués de bric et de broc. La différence avec quelqu’un comme Raoult, c’est qu’il assume et théorise ce choix. On tombe sur une problématique non purement scientifique mais plus vaste : une opposition entre médecine d’urgence et science pure, une opposition entre médecine de pauvres et médecine de riches, une opposition entre soignants de terrain et hommes de laboratoires, une opposition entre médecine individuelle libérale et politique hygiénique de masse et autoritaire, une opposition entre capacité diagnostique d’un praticien expérimenté et vastes campagnes de dépistage dans le cadre de systèmes pharmaco-industriels standardisés, une opposition entre approche théorique mathématisée et approche observationnelle. Pour moi : l’opposition entre Harvey et Descartes.

Je me souviens que lors de nos études le sujet émergeait parfois de la concurrence entre vétos et agros, ces derniers faisant à nos yeux illégitimement de la médecine vétérinaire lorsqu’ils prescrivaient des adjuvants prophylactiques dans les premiers élevages de masse sur la base de calculs qui nous dépassaient. Il me semble que lorsqu’ils se mêlent de régenter la prescription, nous enferment ou relâchent selon les indicateurs ésotériques et les prédictions algorithmiques de leurs savants Cosinus, pensent en termes de commandes massives de vaccins et autres remèdes et se posent la question d’en rendre l’administration obligatoire sans se préoccuper des particularités individuelles, nos hygiénistes gouvernementaux font de la médecine collective du même genre et nous traitent comme du bétail. Or, ce qu’ils appellent « essais randomisés » fait partie de leur arsenal argumentaire, sinon de leur pratique réelle. C’est ce point qui me semble mériter examen.

Pour revenir à tes désormais trois tableaux, je crois comprendre ce que l’on entend par essai randomisé, que je ne savais pas avec précision. Il s’agit apparemment de ce que je nommais vaguement ‘ajustement’ pour que les échantillons soient véritablement ‘comparables’. Le problème qui saute aux yeux est celui des effectifs. Pour éliminer les biais statistiques, il faut apparemment que tous les échantillons aient la même taille. Il faut aussi qu’ils aient une taille minimale pour des raisons de loi des grands nombres, je suppose. Il faut donc que cette taille soit obtenue, je suppose, par tirage aléatoire dans des effectifs encore plus grands, et je suppose encore, considérablement plus grands pour des raisons à nouveau de loi des grands nombres. Tout cela n’est pas très raisonnable. Les essais randomisés rigoureux sont une impossibilité pratique. En pratique, je soupçonne qu’on se contente souvent, pour faire nombre, d’ajouter des données obtenues de droite et de gauche, mais sans être bien certain que tout le monde mette la même réalité sous des mots comme « succès » et « échec ».

Aussi le débat n’est-il pas entre deux termes, mais trois : études observationnelles de fiabilité variable et à critiquer ; essais randomisés rigoureux, mais il n’y en a pas ; synthèses mathématisées, qui se donnent pour rigoureuses parce qu’elles sont mathématisées, mais fondées sur des données abondantes mais hétérogènes, et qui se font passer pour rigoureuses alors qu’elles relèvent du bricolage, voire, comme on a vu avec Surgisphère, de la fabrication impudente à intention frauduleuse.

Dis-moi où je me trompe.

JP

Les petits effectifs qui n’ont pas peur des gros

PLT me soumet les éléments statistiques qui ont donné lieu à polémique entre Didier Raoult et le ministère de la santé à propos des résultats obtenus dans les Bouches de Rhône avec l’hydroxychloroquine.

Voici l’exemple : avec une calculette, vous pouvez vérifier. C’est ce genre d’observations qui a conduit un groupe de cliniciens français à publier un papier dans un journal prédateur avec la riposte désormais connue sous le nom de l’histoire de la trottinette.

Si cela vous amuse, je vous décortique ce tableau pour vous montrer où est la fève.


effectifsCas d’echecs% echec
HopitauxTraités chloronon TraitésTraités chloronon traitésTraités chloroNon traitésconclusion du clinicien efficacité de la chloro
15001500052250.010.015oui
21500050006002250.040.045oui
33000010002100800.070.08oui
4100002050020.050.1oui
520000500800350.040.07oui
620000200800100.040.05oui
72000200020300.010.015oui
85001500052250.010.015oui
94000400008010000.020.025oui
10500100025700.050.07oui
Total10250079720493519020.0340.048Oui car tous les hôpitaux observe un pourcentage d’échec supérieur chez les non traités chloro (en moyenne 4.8% vs. 3.4%)
% global échec=1902/79720=0.238% pour non traités & 4935/102500=4.81% pour les traités




% global échec0.0481460.023859Conclusion du statisticien: non car le % de mortalité est deux fois supérieur pour les traités chloroquine et compte tenu des effectifs, c’est statistiquement significatif

Mon commentaire :

Cher ami,

Il me semble que le paradoxe mathématique que tu proposes, et dont on pourrait un peu rapidement conclure à la supériorité des conclusions obtenues en colligeant des données provenant de sources multiples et aussi nombreuses que possible ( l’idéologie du ‘big data’), repose sur le fait que les proportions traités/non traités sont très différentes d’un hôpital à l’autre. De plus, il se passe que les proportions guéris/non guéris sont très différentes entre les hôpitaux à petits effectifs et les hôpitaux à gros effectifs, et dans le sens où elles sont systématiquement beaucoup plus serrées là où une grosse surproportion de malades ont été traités.

Qu’est-ce que j’en déduis ? Certainement pas qu’il est révélateur de faire de vastes enquêtes réunissant des données de diverses provenances. Il me semble que le simple fait que les résultats observés soient largement différents d’un lieu à l’autre montre un manque de rigueur dans la constitution des données, et que toute conclusion fondée sur l’idée que l’on peut faire comme si l’on avait affaire aux données d’un même hôpital recueillies de façon standardisée est sans valeur. On a visiblement ajouté des choux et des carottes. Si un médoc a un effet, il doit être à très peu de chose le même dans tous les essais, et si ce n’est pas le cas, c’est que les essais, ou au moins certains d’entre eux, ne valent rien. Ils sont en tous cas non-comparables et encore moins sommables. Je ne vois pas comment on peut même songer à additionner des résultats qui ne sont visiblement pas les résultats du même protocole expérimental. Tout statisticien raisonnable qui tombe sur une courbe bi-modale oublie de commenter curieusement la moyenne et se préoccupe d’identifier le facteur qu’il n’a pas pris en compte et de refaire ses calculs.

En l’occurrence, faute de l’enquête qui s’impose sur la constitution des données, si tous les hôpitaux de ton exemple trouvent le produit HCQ efficace, en faisant l’hypothèse que tous ont bien travaillé, quoique chacun à leur façon, j’en tire personnellement la conclusion qu’il l’est, et je m’y tiens. S’ils ne le trouvent pas efficace dans la même proportion, et avec des différences considérables, je ne fais pas la moyenne de leurs jugements globaux : j’en déduis que le produit n’a pas la même efficacité dans toutes les circonstances de dose, de terrain, de phase de la maladie, etc. , ou bien que les critères d’efficacité n’ont pas été les mêmes partout. Mais je maintiens à l’évidence la conclusion provisoire que le produit a probablement un potentiel.

Je crois avoir perçu cette critique qui commence à être répandue dans les milieux médicaux et que porte Raoult de façon certes attaquable tant elle est contre-intuitive : en pratique, lorsque l’on considère un article sur des résultats d’essais cliniques, plus les effectifs sont faibles et plus on peut avoir confiance. Cela veut juste dire que, à l’opposé du spectre, et sans aller jusqu’à l’exemple caricatural et, faut-il espérer, exceptionnel de ‘Surgisphère’, où l’on est carrément dans la falsification frauduleuse, les modélisateurs du ‘big data’ font des calculs justes sur des données fausses. Ils construisent des édifices théoriques gigantesques sur des fondations de sable. C’est la tour de Babel, image de notre civilisation, dont on voit poindre la fin.