Sur divers sujets d’actualité ou d’inactualité

(Lettre à un ami sur la maladie COVID en décembre 2020, et sur la double hélice de Watson et Crick)

Cher ami,

Merci pour ton long et intéressant message. Etant rentré à Paris, je suis entre trois logements, avec mes affaires éparpillées partout et plus vraiment de connexion, ce qui explique que je suis ou pourrai sembler absent sur le réseau pendant quelques jours. Mais je réagis brièvement tout de suite à tes remarques.

Sur Simpson : effectivement, l’exemple que tu donnes me semble trivial, et on nous a mis en garde dès le lycée sur le fait qu’une corrélation statistique ne prouvait jamais une causalité. Je crois me souvenir que Queinnec donnait un exemple plus extrême puisqu’en Angleterre, disait-il, le taux de tuberculose était corrélé aux entrées sur les champs de course (sans que dans ce cas le biais par lequel la corrélation s’expliquait ait été identifié).  Je serais donc intéressé à comprendre ce qui se passe avec les exemples non triviaux, le problème étant que je ne suis peut-être pas outillé pour suivre l’explication. A titre de morale provisoire, personnellement, je me méfie donc énormément des gens qui justifient des politiques par des statistiques : c’est à dire l’ensemble de nos dirigeants technocrates. Je n’oublie jamais qu’en statistique on tombe souvent, au bout de développements mathématiques très rigoureux, sur un moment où l’on admet que le seuil à partir desquels un résultat est considéré comme significatif est arbitraire.

Pour la médecine, c’est un peu différent qu’en science pure, puisqu’on n’a pas le choix de suspendre le jugement : il est légitime d’agir sur la base d’une simple probabilité de résultat. Mais il n’est pas vrai qu’à l’inverse la probabilité de non-résultat interdise quoi que ce soit. La limite du raisonnement statistique reste que les calculs ne donnent que des probabilités, et que lorsqu’un essai conclut que la différence entre un placebo et le médoc est non significative, c’est encore sur la base de seuils arbitraires. Et donc interdire un acte thérapeutique sur la base d’une statistique défavorable, alors qu’il respecte le principe primum non nocere, relève de la tyrannie technocratique fondée sur un abus de la pensée calculante. C’est exactement ce qui arrive avec l’HCQ et le covid. On sait en réalité que ce n’est pas arrivé par scrupule scientifique, mais pour ménager des intérêts et la suprématie d’une médecine très mécanisée dominée par l’industrie et ses appareillages, qui est en train de se substituer à la médecine  traditionnelle fondée sur le talent diagnostique individuel. C’est cela le fond (en dehors et au delà du problème de la corruption, qui n’est qu’un moyen de cette substitution) du conflit devenu féroce entre la mouvance Raoult, Péronne, Tubiana etc… et les médecins gouvernementaux.

Je suis ravi d’apprendre que la vitamine C a une aussi mauvaise réputation statistique contre le rhume que d’autres remèdes empiriques qui défraient en ce moment la chronique. Je m’étonne que le ministre n’en ait pas interdit la vente, et aussi celle des oranges et des citrons. Pour la carotte et le carotène : est-ce si absurde ? Il faut tenir compte du fait que les Anglais à cette époque se nourrissaient d’une façon particulièrement désastreuse. Mais c’est plutôt la myrtille dont j’avais entendu parler pour améliorer la vision.  Pour le radar, je crois me souvenir qu’en réalité les Allemands n’étaient pas vraiment très en retard sur cette technologie. Ils en connaissaient les potentialités. Le grand jeu scientifique s’est plutôt joué sur la machine enigma et le décodage. Les Anglais ont à l’occasion dissimulé le fait qu’ils décryptaient les messages ennemis en renonçant à des mesures de défense qui auraient sauvé de nombreuses vies dans leurs villes bombardées.  

Pour revenir sur l’HCQ : contre le paludisme, c’est à titre de prophylaxie qu’on l’utilise. Je suppose que si l’on faisait des essais randomisés sur son efficacité dans le traitement des malades du paludisme hospitalisés en phase terminale, on la trouverait inefficace elle aussi. C’est exactement ce que l’on a fait en réaction à l’utilisation précoce de l’HCQ à Marseille. Il y a maldonne et la question reste donc non tranchée. Pour moi, tout à fait indépendamment de la question de l’efficacité de l’HCQ, il crève les yeux qu’il y a des gens qui redoutaient qu’elle soit efficace. C’est aussi grossier que la promotion, contre toute évidence scientifique, du redemsivir, ou en dehors de toute information vraiment scientifique, de tous les vaccins qui arrivent : et cela fait partie du même complot. Car complot il y a, cela au moins ne fait aucun doute. Les acteurs sont connus et les motivations sont évidentes. Ils ne prennent d’ailleurs même pas la peine de se dissimuler, tant ils savent être les plus forts. C’est dans ce sens qu’il devient difficile de parler de complot. On a plutôt affaire à ce que l’on appelait autrefois une cabale, lorsqu’il s’agissait de discréditer un bon auteur dont on était jaloux.

Ceci dit, il est clair que l’utilisation d’un antiviral connu et d’un antibiotique de couverture pour traiter un rhume ne peut pas passer pour un changement de paradigme au sens de Kuhn ! Mais c’est justement là qu’est le scandale actuel : tout comme l’idée d’une vaccination universelle pour contrôler une épidémie à virus mutant qui donne des symptômes bénins et ne tue presque personne, tout comme l’idée d’un enfermement isolement généralisé des populations, le renoncement aux thérapeutiques usuelles fait partie de cette sortie de la médecine traditionnelle qui définit la junte politico-sanitaire de Véran, Delfraissy et Salomon comme innovatrice, leurs opposants étant non des découvreurs mais des conservateurs de la tradition. Nous sommes les témoins d’une révolution, mais politique, et à tendance totalitaire, avec une composante scientifique puisque la médecine industrielle est la force matérielle réelle qui soutient et pousse ce mouvement.

Sur Watson : ‘La Double Hélice’ est un livre de Watson lui-même, qui est, j’ai cru comprendre, un personnage très controversé en effet. D’ailleurs, Watson ne dissimule pas, il exhibe au contraire son tempérament de dilettante et de franc-tireur. Il a un regard tout aussi désinvolte sur tout le monde et raconte, en exagérant même à l’occasion, tout ce qui n’est pas orthodoxe dans le comportement des uns et des autres. Il illustre en cela la maxime de Feyerabend : tout est permis !  La publication de son livre l’a d’ailleurs fâché avec tout le monde, sauf ceux qui le détestaient ou le méprisaient déjà.  Il faut lire pour commencer la recension que Chargaff fait du livre. Chargaff avait trouvé l’égalité quantitative des bases deux par deux, mais sans en déduire que du coup c’était parce qu’elles étaient structurellement appariées. Rosalind Franklin est morte trop tôt pour dire tout ce qu’elle pensait de lui. Il lui avait carrément volé la primeur sur la présentation et l’interprétation de ses photos : mais elle n’aurait sans doute jamais eu l’idée qui les ont rendues importantes.

Il faut savoir qu’à l’époque de son Nobel, Watson n’a pas trente ans, et un bagage scientifique incomparablement plus léger que tous les gens qui l’entourent et qui ont fait les percées majeures qui rendent possible la découverte de la structure de l’ADN. Il passe sa thèse pratiquement la même année où il obtient le Nobel ! Il n’est pas étonnant qu’après ça il soit un peu lancé dans le vide d’une vie où il n’a plus rien à démontrer, et qu’il ait été capable de divaguer. Pas de deuxième prix Nobel pour lui. Je ne crois pas qu’il ait fait grand-chose d’important ensuite : mais c’est pour cela que le cas est si révélateur de la structure des révolutions scientifiques. Le génie n’est pas une propriété des individus, mais un esprit qui plane au-dessus d’un milieu favorable et qui finit par se poser quelque part.

Pauling est le professeur de Watson aux USA et c’est lui qui l’envoie en Europe. Pauling est sur la piste de la même découverte. C’est lui qui a décrit pour la première fois une structure spirale pour une macromolécule organique, et il continue à chercher dans cette direction pour l’ADN. Son fils est l’ami de Watson, il est avec lui en Angleterre et l’information circule très librement entre les trois. Malgré cela, il y a compétition et Pauling se fait coiffer sur le poteau par l’équipe de Cambridge, parce que c’est Watson qui, sans vraiment se fatiguer, a l’idée géniale qui manquait et qui résout toutes les difficultés à la fois : les base sont à l’intérieur, pas à l’extérieur. Elles s’apparient entre bases différentes. Elles forment des couples : chaque couple comporte une grande base et une petite base, et c’est pour cela que tous les couples peuvent avoir la même dimension, et qu’elles peuvent être appariées à l’intérieur de la structure glucido-phosphorique. C’est très simple : comme souvent ce qui est génial.

Traiter précocément contre le coronavirus

(Extrait du ‘debriefing’ en partenariat avec BonSens.org, du docteur Peter McCullough, spécialiste en médecine interne et maladies cardiovasculaires, et « vice chief of medicine » à l’université Baylor du Texas.)

Je pense que les historiens jugeront avec le recul, d’un œil sévère la FDA, le NIH et aussi l’Agence européenne du médicament. Toutes ces agences de régulation qui ont essayé de pousser des médicaments nouveaux et coûteux, des traitements avec une seule molécule, alors que nous utilisons habituellement plusieurs molécules pour les infections virales.

Ils ont largement ignoré, bloqué ou même porté atteinte à l’utilisation des médicaments génériques disponibles, en séquence ou en synergie avec différents suppléments : Zinc, vitamine D, vitamine C, Quercétine. Toutes ces molécules jouent un rôle complémentaire. Quand on traite des infections virales sérieuses comme le Sida, on utilise 3 à 5 médicaments, pour l’hépatite C on utilise 3 médicaments… Ce n’est pas une surprise que l’on ait, pour une infection sérieuse comme la covid, besoin de plusieurs médicaments.

Nos agences de recherche étudient une molécule seule à la fois, une par une. Ils ont largement échoué dans leur mission. Ils n’ont produit pour ainsi dire aucun outil pour nous aider à traiter précocement la covid-19 en ambulatoire.

Heureusement les médecins ont trouvé ! Avant les centres de recherche. Ce qui est courant en médecine. A propos, en médecine, nous n’avons jamais eu une situation où les agences gouvernementales ou Big Pharma nous aient apporté la solution. Les médecins trouvent toujours d’abord la réponse, et puis les essais cliniques arrivent plus tard, et affinent l’approche. 

Pensez-vous que la solution va venir des médecins, maintenant ?

Oui. Et j’ai un article approuvé pour publication, avec une analogie. Et je vais vous la fournir, pour les auditeurs : en cardiologie, quand nous avons utilisé des stents en métal pour pour la première fois, nous étions tellement inquiets que ces stents s’obstruent et bloquent ainsi la circulation sanguine, et tuent les patients, ce qui arrivait parfois effectivement, que nous avons utilisé de l’aspirine, du diyridamole, des doses complètes d’héparine, des doses complètes de warfarine, de la ticlopidine et du Dextran. Nous avons utilisé une combinaison incroyable d’anticoagulants pour garder ces stents ouverts. Nous n’avions pas d’essai clinique randomisé qui nous disait que nous pouvions le faire, nous avions juste peur pour la vie des patients. Et ensuite seulement, avec le temps, les essais cliniques sont venus après affiner notre approche.

Donc maintenant avec la covid-19, ce que nous faisons, ce que je fais, c’est prescrire le package de suppléments nutritionnels que j’ai évoqué (Zinc, vitamine D…), et j’utilise en plus soit l’ivermectine, soit l’approche avec l’hydroxychloroquine et la doxycycline ou azithromycine pendant 5 jours, en cas de symptômes pulmonaires j’utilise des corticoïdes, chez tous les patients j’utilise de l’aspirine 325 (mg) une fois par jour. Et pour tous ceux qui ont des risques plus élevés de complications thrombotiques, j’utilise de l’Apixaban en dose complète et des héparines de faible poids moléculaire.

C’est mon approche standard, je fais ça depuis le début du printemps, et mes résultats sont spectaculaires, je n’ose imaginer dans quel état désastreux se seraient retrouvés mes patients diabétiques avec des maladies rénales ou cardiaques, s’ils n’avaient pas reçu de traitement. Et « pas de traitement », c’est ce que préconisent actuellement le NIH et la plupart des agences de régulation, et je pense que c’est une position honteuse de leur part.

Un article de Delphine Bensaïd, psychanalyste

De l’impensable à la liberté de penser

Publié le 08/12/2020 à 16:25

De l’impensable à la liberté de penser Pexels PARTAGER :

Auteur(s): Delphine Bensaïd pour FranceSoirA+A

Tribune : C’est en tant que psychanalyste, femme et citoyenne que j’écris ce texte. Face à ce que j’observe depuis l’arrivée de la pandémie dans mon entourage, chez mes patients et dans mon pays, je ne peux plus me taire. Sous mes yeux, des familles, des amitiés, des groupes jusqu’alors soudés se disloquent, se déchirent ou se murent dans une sympathie hypocrite. Noël s’annonce à couteaux tirés ou à boulets rouges si ce n’est dans une ambiance de guerre froide. Comment en est-on arrivés là, à ces clivages et divisions tranchantes qui abîmeront durablement les liens dont nous avons tant besoin dans nos vies ? C’est là que la psychanalyse intervient et nous aide à comprendre les réactions psychiques engendrées par la menace d’une maladie mortelle et les effets produits par la gestion chaotique de la crise sanitaire. Cet éclairage peut nous permettre à tous de renouer le dialogue et rouvrir les débats. Je souhaite donc lancer un appel citoyen au nom des valeurs fondamentales que sont la liberté, l’égalité et la fraternité car que serait un pays où la parole, pire, la pensée seraient « unes et uniques » et où les voix divergentes rendues dissidentes, suspectes ou coupables seraient contraintes de devoir prendre le maquis ?

Sigmund Freud, l’inventeur de la psychanalyse, nous a enseigné qu’« il n’y a pas de temps dans l’inconscient »1. Qu’est-ce que cela peut vouloir dire ? Entre autre, que toute notre vie, aussi bien nos figures parentales que les liens que nous avons établis avec elles influenceront nos rapports aux autres. De la même manière, certains mécanismes psychiques qui se sont mis en place au cours des premières années de notre existence perdureront et continueront d’opérer à notre insu et ce, de façon plus ou moins intensive et prégnante selon les moments et épreuves que nous traverserons.

Le petit d’homme, pendant de longues années, en raison de son incapacité à pouvoir se débrouiller seul pour subvenir à ses besoins n’a d’autres choix que de faire confiance à ses parents pour grandir et advenir. On ne peut que lui souhaiter des parents suffisamment bons2, comme nous l’expliquait Donald Winnicott au sujet des nourrissons, c’est-à-dire des parents qui répondent à ses besoins et ses demandes de façon bienveillante et sécurisante tout en lui permettant de se confronter progressivement aux manques et aux frustrations. A partir de là, l’enfant, de plus en plus assuré de l’existence et de la permanence d’un monde favorable à son bien-être, peut, au fil du temps, accéder à une perception de plus en plus nuancée, contrastée et complexe de l’univers qui l’entoure. Sa tache consistera donc, et ce tout au long de sa croissance puis de sa vie, à sans cesse affiner sa compréhension du monde et à trouver des réactions et des réponses les plus adaptées, l’obligeant, pour cela, à concilier à la fois ce qui vient du monde extérieur et de son monde intérieur (impressions, ressentis, émotions, sentiments…). Pour ce faire, les parents sont et restent durant longtemps ses modèles, ses supports d’identification, pour certains ses guides, si ce n’est pour d’autres, des quasi dieux vivants.

A ce stade, on peut mieux comprendre, aussi incroyable que cela puisse paraître, que même les enfants de parents maltraitants (violents physiquement et/ou verbalement aussi bien qu’incestueux) vont sans relâche et systématiquement prendre leur défense et tenter de les protéger au prix de leurs propres santés physique et psychologique. Car que seraient-ils sans eux, eux dont ils sont dépendants pour vivre, auxquels ils sont si attachés, dont ils sont, qui plus est, une sorte de prolongement ? Ainsi, tous les enfants, y compris ceux soumis aux pires sévices, sont dans l’impossibilité d’envisager que leurs parents puissent être habités d’intentions malveillantes à leur égard. C’est un impensable.

Plus tard, l’adolescence va consister à faire choir plus ou moins brutalement les parents de leur piédestal afin de permettre au jeune de se forger son propre avis sur le monde, son propre sens critique, ses propres idéaux, en somme une pensée qu’il fera sienne. Et même si ses parents sont de « bons parents », à chacun reviendra la charge de construire son propre libre arbitre. Freud nous le rappelait en citant Goethe : « Ce que tes aïeux t’ont laissé en héritage, si tu veux le posséder, gagne-le »3.

Certains modes d’éducation encouragent les enfants à construire leurs propres opinions, à affuter leurs arguments, à étayer au fur et à mesure leurs idées. Pour autant, tous les enfants ne sont pas éduqués de la sorte ni accompagnés de la même façon pour sortir de l’ombre des grands chênes que représentent leurs parents. Parfois, cette émancipation leur est même interdite. Malgré tout, on peut souhaiter que chaque adulte, au fil de sa vie, ait pu développer des capacités et un goût pour philosopher, c’est-à-dire interroger de façon contradictoire ce à quoi il est confronté (information, concept, question, événement, ordre, règle…) avant de décider de son positionnement.

Ainsi, dans notre inconscient, ceux qui ont pris initialement « soin de nous » et ont fait fonction d’autorité sont représentés par nos figures parentales. Plus tard, grâce au mécanisme du transfert inconscient, chaque personne ou instance devant « prendre soin de nous » et ayant valeur d’autorité (dirigeants en tout genre, médecin, enseignant…) sont placés dans l’inconscient en position de parents de substitution ou parents symboliques. De ce fait, les citoyens déplacent ou, dit autrement, transfèrent sur les gouvernants leur besoin primaire de confiance nécessaire à l’établissement d’un sentiment de sécurité existentielle. Comme vis- à-vis des parents d’origine, les dirigeants de l’Etat pourront être critiqués sur leur façon d’assurer leurs fonctions, mais sera presque inconcevable, comme dans l’esprit de l’enfant, y compris l’enfant maltraité, l’idée d’une intention malveillante de leur part. Nous retrouvons l’impensable évoqué plus haut. Pourquoi cet impensable nous est-il chevillé à l’esprit, au plus profond de nous-mêmes ? Parce qu’il nous renvoie à notre vulnérabilité vis-à-vis de ceux qui s’occupent de nous jusqu’à nous protéger en cas de danger et dont, pour cela, nous sommes tributaires. C’est ainsi que cela a été inscrit dans notre inconscient.

Que se passe-t-il quand cette sécurité de base fondée sur la foi en une bienveillance fondamentale est rompue ? Dans une telle situation, le risque est fort d’avoir recours à un fonctionnement archaïque qui renvoie aux premiers temps de l’existence, mis en lumière par Mélanie Klein, psychanalyste austro-britannique du milieu du XXème siècle. Qu’a-t-elle mis en lumière ? Que jusqu’à environ huit mois, le monde du bébé oscille entre un monde tout bon et un monde tout mauvais. Le tout bon correspond au bonheur absolu, le nirvana de la fusion. Le tout mauvais qui surgit quand le bébé éprouve la faim, l’inconfort, la solitude, la peur, etc., ressemble à un monde menaçant et hostile dans lequel il se sent jeté en pâture sans aucune défense ni possibilité d’y échapper, ce qui a pour effet de générer en lui une angoisse majeure de persécution (Mélanie Klein nomme cette étape du développement la position schizo-paranoïde 4 ). A partir du huitième mois, grâce à l’intériorisation d’un monde suffisamment bon, stable et sécurisant, le tout mauvais et le tout bon ne vont plus faire qu’un. Alors, le bébé va accéder progressivement à ce que Mélanie Klein a nommé la position dépressive5   caractérisée notamment par la perception par l’enfant d’un environnement de plus en plus contrasté et pluriel auquel il tentera de répondre de façon de plus en plus nuancée, subtile  et  complexe.  Pourquoi,  contrairement  aux  stades  du  développement6   de  Freud  (oral, anal, phallique), Mélanie Klein a préféré théoriser en terme de positions ? Son objectif était de défendre l’idée que tout individu peut, selon les situations auxquelles il est confronté, avoir recours à l’un ou l’autre des fonctionnements propres à chacune des positions psychiques (clivage ou ambivalence).

En quoi l’impensable et les concepts kleiniens peuvent-ils nous être utiles à l’heure actuelle ? Ce dont je peux témoigner, c’est que dès l’arrivée du coronavirus, une intense angoisse de mort, une insécurité profonde, une perte massive de repères se sont développées, conduisant de façon plus ou moins rapide vers des positions de clivage. Qu’est-ce qui a pu  provoquer une telle régression vers ce fonctionnement archaïque ? Commençons par reprendre quelques faits :

Au début de la pandémie, l’esprit des français, déjà affolé par l’arrivée d’un virus mortel sans aucune arme pour le combattre, a été embrouillé par un discours confus et contradictoire au sujet des masques, d’abord considérés comme inutiles puis rendus obligatoires dans les milieux clos, puis à l’extérieur et récemment recommandés dans la sphère privée.

Un mensonge d’Etat avéré : le stock de masques certifié suffisant quand les hôpitaux hurlaient en être dépourvus, autant que des blouses, obligeant certains soignants à se protéger avec des sacs poubelles.

Les hôpitaux débordés dans leurs capacités d’accueil (lits, personnel et moyens), au point d’être contraints de trier les patients (soigner ou laisser mourir). Les français ont été choqués de découvrir le démantèlement du système de santé qu’ils croyaient pourtant solide.

Au mois de juillet, le Président de la République nous annonce que « nous sommes prêts pour la seconde vague », grâce à quota élevé à 12.000 lits de réanimation qui permettront d’éviter un second confinement. Outre un deuxième confinement, ces promesses non tenues ont conduit à ébranler davantage la confiance des français déjà bien entamée.

Tout aussi anxiogène, nous avons assisté à une guerre intestine entre experts, médiatisée à outrance, au sujet du traitement à base d’Hydroxychloroquine jusqu’au scandale du Lancet publiant une étude trafiquée et mensongère. Au-delà du débat qui persiste sur l’efficacité de ce médicament sur ce virus, demeure une incompréhension totale quant à l’interdiction pure et simple de cette molécule soudainement jugée dangereuse alors que des milliards de doses ont été délivrées à travers le monde depuis des décennies et sans ordonnance.

Un processus d’infantilisation au travers de mesures sanitaires draconiennes, des suppressions massives de libertés et des contrôles de police armée d’amendes exorbitantes.

Et pour accroitre le climat de peur généralisée, chacun a pu être taxé d’irresponsabilité, voire être culpabilisé ou accusé d’engendrer la mort s’il enfreignait la moindre des règles édictées par le gouvernement (comme celle de marcher sans masque dans une rue déserte).

Comment, à présent, demeurer serein devant le nouveau débat acharné au sujet des vaccins, entre les pro-vaccin ou pro-vaccin obligatoire et les anti-vaccin qui brandissent le principe de précaution face à une innovation technologique (ARNm) non éprouvée causant d’éventuels effets secondaires à courts, moyens ou longs termes ?

En résumé, alors que l’Etat était censé protéger son peuple et en assurer la sécurité, il l’a soumis depuis bientôt une année à des discours et injonctions contradictoires, des débats d’experts sans issue, des mensonges et promesses non tenues, des décisions illogiques et des mesures liberticides, tout cela dans une atmosphère de peur et de répression grandissante.

A quoi tout cela nous mène-t-il aujourd’hui ?

Pour certains français, l’impensable malveillance du début de l’exposé les pousse, je dirais même plus, les oblige à défendre coûte que coûte leurs dirigeants même s’ils perçoivent bien que « quelque chose cloche ». Car imaginer que l’Etat, ou quelques-uns de ses membres, puisse être motivé par d’autres intérêts que ceux de ses citoyens, engendrerait une telle angoisse de vulnérabilité ou une telle remise en question des « parents de substitution » qu’ils préfèrent en éjecter la simple hypothèse. Dès lors, ils se soumettent, obéissent, jouent les enfants modèles pour éviter d’attirer la foudre (de l’amende ou de la mort). Quant à ceux qui osent émettre quelques interrogations sur le bien fondé des décisions gouvernementales, ils passent illico du côté des mauvais, des tout mauvais, des suspicieux, ou des ingrats, ou des incompétents, ou des jamais contents. Ces divisions extrêmes et radicales au sein de notre population doivent nous alerter car elles indiquent que le clivage archaïque des premiers  temps de l’existence (en tout bon ou tout mauvais, accompagné de ses pensées persécutives) a repris la main conduisant à une guerre froide entre complotistes selon les uns et asservis selon les autres. Autrement dit, celui qui n’est pas d’accord avec moi est contre moi, ne mérite plus que d’être rejeté parfois dans les extrêmes, devenant presque mon ennemi. Ainsi, les tensions qui devraient se jouer entre les citoyens et leurs dirigeants sont transférées au sein-même de la population qui dès lors se déchire entre opposants et défenseurs de l’Etat. Pendant ce temps-là, le gouvernement gouverne à sa guise.

Depuis des mois, j’observe donc ces phénomènes grandissants. Et aujourd’hui, je pousse un cri d’alarme. Un des éléments déclencheurs de ma prise de parole est le récent emballement et déferlement de hargne autour du documentaire Hold-up. De quoi s’agit-il ? D’un film relevant des faits observés au cours de la crise sanitaire, de questionnements relatifs à la gestion de la crise, de mises en lumière d’incohérences, de propositions d’hypothèses cherchant à répondre à la question : pourquoi ? Pourquoi autant d’illogismes ? Pourquoi de telles mesures souvent incompréhensibles et si dommageables pour la population ? Soyons clairs. Mon propos n’est pas, ici, de discuter si ce documentaire est critiquable ou pas. Il vise à pointer le radicalisme des réactions qui ont déferlé, composées de critiques dépourvues de toutes nuances ni pondérations, invitant – doux euphémisme – à le rejeter dans sa totalité, l’enfermant dans un seul signifiant, celui de « complotisme ». Comment en est-on arrivé aujourd’hui, en France, à censurer des idées, attaquer la liberté d’expression, interdire l’évocation de dénonciations et de simples hypothèses ? Il est tentant d’envisager que d’accepter un seul point du documentaire équivaudrait, imaginairement, à ouvrir la boite de Pandore. Dans ce cas, tout rejeter en bloc apparait, en effet, plus confortable et rassurant. De même, il est choquant, si ce n’est inquiétant, de constater qu’un grand nombre de citoyens se sont emparés de ces condamnations radicales et indiscutables sans qu’ils n’aient estimé utile de visionner eux-mêmes le documentaire, laissant ainsi à d’autres le soin de penser et juger à leur place quand la situation de notre pays est pourtant si grave.

Et tant que psychanalyste, je constate aujourd’hui que notre société est atteinte d’une sorte de paranoïa où le « pour » est l’ennemi de « l’anti », où la nuance et l’ambivalence n’ont plus leurs places. Masque, vaccin, Hydroxychloroquine, gouvernement… autant de sujets soumis à cette division radicale et dangereuse. Or, nous pouvons, et peut-être devons-nous urgemment nous interroger, exiger des explications, de la clarté et de la transparence. Je voudrais inviter chacun à sortir du clivage archaïque, à rouvrir les débats, quitter les postures figées et/ou extrêmes, accepter et accueillir la différence des points de vue pour réfléchir ensemble à ce qui nous arrive. Refusons d’être considérés comme des enfants pas assez experts ou pas assez érudits pour prétendre à comprendre. Les gouvernants ne sont pas des parents tout puissants ni même des parents tout court. Me vient à ce stade de mon exposé cette citation de Jacques Lacan qui prend en ce moment un sens tout particulier : « un roi qui se prend pour un roi n’est pas moins fou qu’un fou qui se prend pour le roi ».

En tant que mère, femme et citoyenne, je réclame pour chacun le droit de poser des questions qui lui paraissent légitimes et d’obtenir des réponses sans être jugé paranoïaque. Je réclame le droit pour chacun de pouvoir douter des gouvernants ou de certains d’entre eux sans être accusé de soutenir la théorie du complot. Car, sans aller chercher très loin, nous pouvons nous demander ce qu’il en aurait été des affaires telles que celles du sang contaminé, de l’amiante, du Médiator et actuellement de la Dépakine, si personne ne s’était questionné, n’avait douté ni enquêté. Et si l’on regarde dans le passé et au-delà de la sphère médicale, l’histoire nous a montré que le pire est toujours possible. Ainsi, croyant profondément à la valeur du libre arbitre et de la liberté de penser, je défends aujourd’hui le droit de chacun à demander pourquoi, à exiger de ne pas être infantilisé ni menacé par un Etat qui a été mis aux commandes par ses citoyens et qui méritent, pour cela, d’être respectés et informés honnêtement de ce qui les concerne.

J’appelle de même les gouvernants à reconnaître leurs failles, leurs loupés, leurs méconnaissances, leurs incertitudes et alors, à présenter leurs excuses. Qu’ils puissent faire machine arrière et reconnaître qu’ils ont pu se tromper, qu’ils ont pu mal agir, qu’ils ont pu opter pour les mauvais choix. J’appelle à ce qu’ils fassent la lumière sur leurs éventuels liens d’intérêt, sur les ressorts de leurs décisions, qu’ils gèrent plus qu’ils ne dirigent, qu’ils quittent la scène s’ils ont échoué, qu’ils cessent de considérer les citoyens comme des sujets dociles ou des rebelles à corriger. Incombe au gouvernement actuel et aux prochains à venir de redonner ainsi confiance aux français en les politiques.

Enfin, je lance un appel aux médias, a fortiori aux plus grands d’entre eux, pour qu’ils accordent de nouveau une place de choix au raisonnement dialectique et aux débats contradictoires afin de permettre à leurs auditeurs, lecteurs et téléspectateurs de se forger leurs propres avis et non de leur imposer un seul son de cloche, celui qu’ils défendent (mais que diable défendent-ils au juste ?). Leur façon univoque de dispenser l’information n’a eu pour effet que de favoriser l’émergence et le renforcement des clivages, le repli dans des positions extrêmes qui condamnent l’altérité et la différence autant que le doute. Une illustration de ce que nous pourrions qualifier d’obscurantisme réside, si l’on garde le même exemple, dans le traitement médiatique de ce fameux documentaire Hold-up. En effet, nous avons assisté à ce qui présente toutes les caractéristiques d’un lynchage organisé. Or, on peut penser que ce documentaire a trouvé son succès (plusieurs millions de visionnages) car bon nombre de français y ont retrouvé leurs interrogations demeurées à ce jour sans réponse. Ce que nous attendons pourtant des médias, ce sont des investigations et des éclairages de tout bord et non qu’ils prononcent ou relaient des discours manichéens visant parfois à ridiculiser, condamner voire culpabiliser ceux qui se questionnent. Sinon la méfiance et la défiance ne feront qu’augmenter.

Alors, avec force et détermination, ensemble, philosophons et interrogeons-nous en toute clairvoyance et responsabilité. Acceptons l’altérité et nos différences d’opinion. Défendons et revendiquons le débat contradictoire, la pluralité des idées. Nous pouvons exiger de nos gouvernants qu’ils respectent leur contrat politique et leurs engagements de nous protéger, nous permettre de vivre et d’évoluer selon les fondements de la démocratie. Car à aucun prix, nous ne devrions accepter de voir amputée notre liberté d’être et de penser.

Delphine Bensaïd Psychologue – Psychanalyste

1 Sigmund Freud (1915). « L’inconscient ». In Métapsychologie, Paris, Gallimard, 2003, p. 96

2 Donald Winnicott (1956). « La préoccupation maternelle primaire ». In De la pédiatrie à la psychanalyse. Paris, Payot, 1969, p. 168-174

3 Sigmund Freud (1938). Abrégé de psychanalyse, Paris, PUF, 2001, p. 84

4 Mélanie Klein, (1946). « Notes sur quelques mécanismes schizoïdes ». In Développements de la psychanalyse, Paris, PUF, 1966, p 274-300

5 Ibid.

6 Sigmund Freud (1905). Trois essais sur la théorie de la sexualité, Paris Gallimard, coll. Idées, 1962

Auteur(s): Delphine Bensaïd pour FranceSoir

Sur la haine du génie

Cher ami,

Je découvre ‘menace-théoriste’. As-tu souvent fréquenté ce site ? Je ne le connaissais pas. J’ai trouvé cette vidéo où l’on peut mieux se faire une idée du calibre de Florian Cova :

Le type est bardé de certifications institutionnelles, qu’il ne manque pas de poser d’emblée sur la table, et semble raisonnablement instruit, pour quelqu’un de sa génération. Il a visiblement fait quelques lectures. Cela ne m’empêche pas de trouver qu’il est surtout bardé de quelques préjugés anciens ou plus récents mais collectivement dominants.

Dans l’article que tu m’as passé, Cova s’énerve surtout en raison de la pose sociale de Raoult, qui ose s’affranchir des idées dominantes ( en réalité seulement localement dominantes). Il l’accuse donc d’orgueil. Et comme il pense que ses idées thérapeutiques sont une impasse il le traite de faux génie. Mais en réalité, si Cova voit des faux génies, c’est parce qu’il est dans la critique radicale de la notion de génie. Et je soupçonne que la raison pour laquelle il pense que la bithérapie ne marche pas, ce n’est pas en raison des études diverses et multiples sur le sujet (la messe n’est pas dite), mais c’est parce qu’il pense que Raoult ne peut pas avoir trouvé un remède efficace, parce que par définition la science selon lui ne progresse jamais autrement que grâce aux efforts collectifs. Cova fonctionne en réalité à l’envers, comme c’est le cas je le soupçonne de beaucoup de critiques de bonne foi de Raoult (je mets à part les affidés stipendiés de Gilead ). L’ironie de l’affaire, c’est que la bi-thérapie attribuée en propre à Raoult n’est pas de son invention, et que son usage ne lui est pas propre si l’on considère la scène mondiale. Si elle était universellement reconnue, ce ne serait pas comme une production de son génie.

Cova fait en réalité une critique radicale de la notion de génie novateur en sciences et défend la thèse dominante de la primauté du travail collectif. Je crois que le débat, s’il allait au fond des choses, devrait se centrer sur la validité du consensus en science, dont les gens comme Cova font la preuve ultime de véracité.  Moi, je préfère les gens qui s’affranchissent des préjugés et sortent du consensus. Il est dans l’autre camp, comme dirait le préfet Lallement. C’est un débat de fond, et il me semble que nier le rôle déterminant du génie individuel, souvent méconnu par son milieu scientifique d’origine, parfois persécuté, est historiquement indéfendable.

Personnellement, je ne crois pas au travail collectif, mais seulement au concert des esprits et à la construction de la découverte par idées suscitant des idées en passant d’une personne à l’autre : l’image est celle de la ligne de trois-quarts d’une équipe de rugby qui progresse vers l’essai en se passant la balle. Mais à chaque moment c’est un seul joueur qui porte la balle, et à la fin on sait qui marque l’essai. C’est toute l’équipe qui marque, si l’on veut, mais pas vraiment. Il y a un moment décisif qui n’appartient qu’à un seul.

Lorsque l’on parle de science, on met en avant l’ ‘équipe’, mais c’est pour glorifier une hiérarchie, et donc un contrôle par le haut, y compris sur les idées, qui n’existe pas dans l’équipe de rugby. Je préfère la notion de ‘milieu’. Les époques de productivité scientifique, littéraire, artistique, sont celles où il s’est constitué un milieu d’esprits indépendants qui communiquent entre eux.

As-tu lu ‘la double hélice’ de James Watson, sur la découverte de la structure de l’ADN ? Si ce n’est pas le cas, comme c’est un texte assez court, vivant et très éclairant, je ne peux que te le conseiller. Il y a une très belle édition, avec plein de commentaires et de photos expliquant les tenants et aboutissants de la découverte : « Double Helix, James D.Watson, edited by Alexander Gann and Jan Witkovski » . On l’obtient sur Amazon.

A suivre le récit de Watson, on voit à quel point les idées qui conduisent à la découverte majeure (changement de paradigme) sont nombreuses et sont dues à plusieurs dizaines de personnes différentes qui travaillent à des choses différentes à des endroits différents, mais qui sont en communication. Mais il y a un moment de la découverte finale, qui résulte d’une idée qu’a soudain James Watson sans laquelle toutes les autres réunies ne se seraient jamais composées en découverte majeure faisant changer de paradigme. Si bien que ce ne sont même pas à proprement parler Watson et Crick qui ont découvert la structure de l’ADN, mais Watson tout seul (bien sûr j’exagère).

Watson n’aurait jamais rien découvert s’il n’avait pas reçu les idées de plusieurs dizaines de savants, depuis Schrödinger (le plus lointain) jusqu’à Wilkins (le plus proche), en passant par Pauling, Luria, Perutz, Kendrew, Franklin etc, et même, crucialement, son ennemi intime Erwin Chargaff.

L’idée clé de voûte surgit à un moment précis, le 15 mars 1953, et dans une cervelle précise. Crick dira : « Si James Watson avait été tué par une balle de tennis, je n’aurais jamais découvert tout seul la structure de l’ADN ». C’était une allusion au fait que Watson (le moins instruit de tous ceux qui avaient contribué à la découverte, le plus jeune et le plus désinvolte) passait trop de temps à jouer au tennis au lieu d’être au laboratoire. L’idée terminale et décisive était que les bases ne s’associaient pas, comme tout le monde présupposait C avec C, T avec T, A avec A etc.… Mais CG, TA, etc. , réalisant un système positif-négatif pour la duplication. Une fois de plus, la science avançait parce qu’un génie avait eu une idée évidente et géniale que personne d’autre n’avait eue avant lui. Le génie, c’était juste le mépris du consensus et du qu’en-dira-t-on. On est tenté de penser que la qualité majeure de Watson, c’était son ignorance et le fait qu’il n’était à Cambridge qu’un petit stagiaire américain d’ores et déjà réputé pour ses mauvaises manières et son manque de sérieux. C’est au moins l’image qu’il donne de lui-même dans son récit.

Pour Cova, je continue le visionnage d’une oreille distraite, car le gars est plutôt diffus et s’intéresse surtout à la psychologie du complotisme, ce qui n’est pas une attitude charitable pour ceux qui mettent en cause ses conceptions épistémologiques figées.…

JP

Florian Cova, contre Raoult et Feyerabend

Costa dit :

« Comme on le voit, donc, les concepts fondamentaux de la philosophie de Popper vont directement à l’encontre de la conception que Didier Raoult se fait de l’activité scientifique. Qu’il ne semble même pas le réaliser nous fournit un premier indice de son incapacité à lire les philosophes des sciences et à les relire à sa sauce. »

Ici, le critique fait un grand cas de Popper, pour qui la médecine est hors champ, et reproche à Raoult de le méconnaître, et même de l’utiliser, mais mal, alors qu’en réalité, relevant d’une science d’observation c’est à juste titre qu’il le prend peu en considération et ne le discute pas.

Pour situer les camps : Feyerabend est étudiant quand Popper est assistant de Wittgenstein. Feyerabend admire Wittgenstein et méprise Popper. La citation ci-dessus ne prouve pas une contradiction chez Raoult. On peut et même on doit logiquement être critique de la théorie poppérienne si l’on a compris Feyerabend. La théorie poppérienne, le falsificationnisme, est celle que l’on diffusait au lycée dans les années soixante. Elle est surtout pertinente pour rendre compte du fonctionnement de la recherche en physique fondamentale et en cosmologie au tournant du siècle, avec les controverses entre la théorie quantique et la relativité. On y voit en effet fonctionner dans sa plus grande pureté le va et vient entre modélisation et expérimentation, avec une contribution à peu près nulle de la pure observation des phénomènes naturels.

Le falsificationnisme poppérien a peu de pertinence pour les sciences autres que la physique la plus mathématisée, auxquelles d’ailleurs un poppérien cohérent donnerait à peine le statut de sciences : quel est le rôle de l’expérimentation en botanique, en anatomie, en zoologie ? Et s’il y a de la théorie en philologie, en ethnologie, en anthropologie, en économie, c’est de la théorie qu’un poppérien déclarerait globalement infalsifiable et donc sans valeur. En réalité, il n’y a pas lieu, quand on fait de la biologie ou même de la médecine expérimentale, de révérer Popper, qui implicitement méprise ces disciplines, qui à ses yeux sont infra-théoriques et pas vraiment scientifiques. Pour les Poppériens, il n’y a de science que là où il y a de la mathématique.

Sur Kuhn, le critique fait une présentation correcte. Le concept important est celui de paradigme. L’idée, c’est qu’une même configuration observée peut se voir de plusieurs façons incompatibles. Lorsqu’on découvre une nouvelle façon de voir qui intègre des faits inassimilables par celle qui faisait jusque là consensus, on a une révolution scientifique.

La leçon donnée par Kuhn est d’ouverture d’esprit. Cela dérange les tenants d’une orthodoxie institutionnalisée, et encourage l’esprit qui conteste les évidences les plus généralement admises. Exemple classique : on croit que le soleil tourne autour de la Terre, mais tout le mouvement des planètes peut aussi s’expliquer, et même mieux, si l’on fait l’hypothèse que la Terre tourne sur elle-même, et aussi autour du soleil. Toutes les perceptions changent, sans que presque rien n’ait changé dans les faits. C’est un peu comme cette expérience proustienne, lorsque un personnage qui se sentait jeune et beau se découvre dans le miroir et voit pour la première fois qu’il est devenu vieux. Changement de paradigme.

Ici, le critique désapprouve beaucoup que Raoult s’autorise de Kuhn pour ne pas s’aplatir devant le ‘consensus scientifique’, mais c’est exactement ce qu’autorise Kuhn. Il n’y a pas d’abus théorique de la part de Raoult. Il n’y a pas non plus chez lui le dénigrement de la science quotidienne, celle qui ne change pas le paradigme mais exploite les possibilités du paradigme dominant. C’est une accusation infondée. Raoult a compris comme tout le monde que la science quotidienne et les révolutions paradigmatiques sont deux moments nécessaires. Kuhn est le moins contesté des grands épistémologues récents. Il est beaucoup moins contestable et beaucoup plus utile que Popper, pourtant plus souvent invoqué, parce qu’il flatte l’impérialisme des mathématiques. Feyerabend prend en compte l’apport majeur de Kuhn. Il se distinguera de lui en cela que pour lui la recherche quotidienne et les révolutions scientifiques ne se produisent pas dans des temps séparés. Toute recherche peut déboucher sur un changement de paradigme, et doit s’effectuer dans cette perspective.

Je passe donc à Feyerabend :

Où l’on trouve les racines de l’entreprise actuelle d’asservissement des praticiens observateurs par les bureaucraties institutionnelles appuyées sur la modélisation :

Feyerabend est de loin le plus intéressant et le plus stimulant des trois épistémogistes ici examinés. Evidemment, c’est celui que le critique institutionnel orthodoxe déteste.

Sur Feyerabend, le début de la présentation, quoique marqué par une hostilité de principe évidente, est à peu près acceptable. Mais la traduction qu’il donne du célèbre « anything goes » est mauvaise. Le critique traduit « anything goes » par « tout se vaut », alors qu’il explique plutôt bien un peu plus haut que le vrai sens est « tout est bon » ou « tout est permis ». Il s’agit de la méthode : et donc du rejet de toute méthode définie par avance.

Le critique donne le vrai motif de sa détestation de Feyerabend :

« Feyerabend encourage un pluralisme radical en sciences – ce qui le conduit à considérer la mythologie grecque ou le vaudou comme des candidats aussi sérieux que la relativité générale ou le darwinisme. Notons toutefois que Feyerabend admet lui-même que son pluralisme n’est pas tant motivé par la vérité que par un désir de défendre une certaine forme d’humanisme libertaire contre l’autorité (selon lui excessive) que nos sociétés accordent à la science (il trouve ainsi aberrant que l’école puisse décider quelles théories scientifiques doivent être enseignées). »

Tout ceci est vrai, mais vu comme un paysage à travers un verre dépoli, de façon déformée.

Feyerabend n’ ‘encourage pas’ un ‘pluralisme radical’ en sciences : il le constate. Car il n’y a pas de ‘consensus scientifique’. Il y a des querelles de chapelles, des malentendus inaperçus, et des orthodoxies cimentées par des intérêts.

Pluralisme : d’une part, les différentes disciplines ne sont pas conceptuellement unifiées. Un biologiste mesure des vitesses avec un concept du temps et de l’espace qui est problématique pour un physicien relativiste. Et pourtant, la biologie est dépendante de la physique. On utilise des lois de la thorie quantique pour découvrir la structure de l’ADN. Dans le même labo, le temps est réversible dans l’appareil à critallographie, mais pas dans la boîte de Pétri. Tout de même, on fait semblant de rien. On bricole. On découvre. C’est du plus pur Feyerabend.

Pluralisme encore, d’une autre sorte : Feyerabend croit en effet que le savoir humain ne commence pas hier : ce qui est la position implicite des défenseurs d’une science unifiée progressant continûment, pour qui seul l’état le plus récent des connaissances a une quelconque valeur. Il faut sans cesse réactualiser l’encyclopédie, et oublier les œuvres originales, où les scories l’emportent de loin sur ce que l’on gardera dans le manuel : c’est comme cela que nous avons été formés. Nous sommes physiciens, biologistes, chimistes, mais qui de nous a lu Mariotte, Lavoisier, Pasteur ou Darwin ? On s’indigne que Kant ait pu être raciste ? Mais que dirait l’étudiant contemporain moyen de la métaphysique de Newton ? Feyerabend montre de façon lumineuse comment l’idée d’une science unifiée, c’est à dire unifiant les idées de Newton, par exemple, avec celles de nos chercheurs contemporains est une fabrication des manuels de physique qui choisissent parmi les idées de Newton celles qui s’intègrent commodément dans un cours de mécanique pour ingénieurs, et ignorant les autres, qui étaient tout autant la théorie de Newton. Il montre que notre médecine est en continuité avec les pratiques empiriques qui viennent du fond des âges et que l’humanité a toujours accumulé du savoir. Il dénie l’idée d’un ‘seuil’ de scientificité que l’humanité aurait franchi à un certain moment, à partir duquel seulement le savoir se serait mis à posséder cette essence supérieure : et d’ailleurs où le fixer ? Est-ce que le savoir est de la ‘science’ à partir de Descartes, de Newton, de Lavoisier, ou seulement depuis le prix Nobel 2020 ? Les vrais obscurantistes sont ceux qui veulent que l’on occulte tout le trésor de savoirs et de pratiques accumulé depuis des millénaires, au profit d’un consensus strictement contemporain sur des théories à la fois distinctes, parfois contradictoires et en tous cas artificiellement cousues en un ensemble trompeusement appelé ‘LA science’.

Pluralisme : Feyerabend dit en effet qu’il n’y a pas lieu d’enseigner la théorie de l’évolution telle que nous la concevons aujourd’hui sans dire aussi que demain nous la concevrons peut-être autrement, que d’autres théories se présentent ou se sont présentées, et que certaines conceptions aujourd’hui considérées comme obscurantistes seront peut-être un jour réhabilitées, comme semble-t-il en ce moment l’hérédité des caractères acquis. N’a-t-on pas ressuscité au vingtième siècle l’ ‘atome’ conçu par Démocrite, puis rendu anathème par des siècles d’aristotélisme ?

Pluralisme : il n’y a pas LA science, et il n’y a pas LA méthode. On ne peut donner que très peu d’exemples de recherches qui soient comparables au plan de leur méthodologie. Chaque recherche significative développe sa méthode, d’autant plus incomparable avec toute méthode précédemment utilisée qu’elle est plus significative. Feyerabend partage avec Kuhn le concept d’‘incommensurabilité’ pour exprimer que l’on ne peut pas décrire une théorie nouvelle avec les concepts d’une théorie antérieure. Deux théories sont comme deux langues étrangères dont les vocabulaires respectifs impliquent des visions du monde réciproquement incommunicables en dépit de la pratique, toujours trompeuse, de la traduction.

En conclusion, je ne suis pas du tout certain que Raoult ait une connaissance approfondie en épistémologie, mais il ne prétend pas non plus en être un spécialiste, et son critique, qui, lui, fait profession de philosophie, n’impressionne pas non plus par la profondeur de sa réflexion. L’anarchisme épistémologique consiste à dire qu’une recherche qui ne se donne aucune règle fixe et surtout aucune qui soit fixée par une autorité extérieure a plus de chances d’aboutir à des résultats qu’une recherche encadrée par des principes méthodologiques fixés à l’avance. C’est une position philosophique du plus grand intérêt et Feyerabend est un excellent générateur de maximes pour le chercheur. Raoult l’invoque à bon droit pour justifier ses attitudes non conformistes, même s’il ne connaît pas tous les aspects et toutes les implications de son oeuvre.

Je termine par quelques maximes et observations Feyerabendiennes décoiffantes, mais qui tirent leur justification du fait qu’elles décrivent la pratique scientifique réelle des grands découvreurs du passé, telle qu’une histoire non réécrite par les manuels la raconteraient (Feyerabend a spécialement étudié le cas le plus paradigmatique des changements paradigmatiques : Copernic et Galilée) :

– L’anarchisme théorique est plus fructueux qu’une recherche dominée par la règle et la discipline.

– La seule règle qui ne s’oppose pas au progrès est : « tout est permis »

– Une hypothèse a le droit de contredire la théorie la plus solide.

– Une hypothèse a le droit d’aller à l’encontre de l’observation.

(Incidemment, cette dernière maxime détruit tout le début de l’article, sur lequel j’ai passé, concernant Bacon. Bacon est accusé par le critique d’avoir donné une primauté absolue à l’observation (inductivisme naïf reproché à Raoult). On voit ici que ce n’est pas la position de Feyerabend. L’insistance sur l’observation est seulement une réaction nécessaire devant l’impérialisme du calcul.)

Toute idée, aussi ancienne et absurde soit-elle, est susceptible d’accroître la connaissance.

– Aucune théorie ne s’accorde jamais avec tous les faits du domaine couvert.

Des observations contradictoires entre elles et impossibles selon la théorie dominante peuvent être librement intégrées ou rejetées pour élaborer de nouvelles hypothèses.

La raison n’est pas un instrument de la recherche scientifique, mais de l’ordre social global.

– Il ne peut pas exister de principes généraux permettant d’évaluer une théorie scientifique.

Toute recherche doit se faire dans la perspective d’un changement paradigmatique possible.

Ni la science ni la rationalité n’ont de privilège anthropologique. Ce sont seulement deux produits de cultures particulières, qui n’ont aucune légitimité à se prétendre supérieures aux autres.

– La rationalité est susceptible d’améliorations, mais ce que l’on considère comme une amélioration est susceptible de varier.

Docteur Random et Mister Foutraque

(Notre mise au cabinet noir est-elle scientifiquement fondée ?)

Communication de PLT :

Le paradoxe de Simpson

Première histoire : ce sont des docteurs et non plus des hôpitaux. Ils ont bien écouté les messages de la DGS de ne pas abuser de la chloroquine ce qui explique que le nombre de patients non-traités est de 350 pour seulement 85 traités (ils avaient quelques doutes et ils sont curieux.). Mais ici, les effectifs traités et non-traités sont plausibles alors que tu as immédiatement vu qu’il y avait un problème avec les hôpitaux. Les 10 confrères partagent leurs résultats. Stupéfaction! Pour toutes les patientèles, le pourcentage d’échecs est plus grand chez les non-traités que chez les traités ! furieux, ils demandent au ministre une opinion éclairée. Le Ministre reprend tous les chiffres et sa conclusion est que le pourcentage d’échecs sous chloroquine (12/85=0.14) a été, de peu il est vrai, supérieur à celui des non- traités (47/350=0.13) ce qui le conduit à conclure que la chloroquine n’a pas d’efficacité avérée et que compte tenu de ses effets secondaires chez le patient âgé, il vaut mieux s’en passer.


effectifsCas echec% echecconclusion
DoctorsTraités chloronon Traitéschloronon-traitéschloronon traitésDelta % non-traites vs chloroconclusion efficacité de la chloro
15600100.0166670.017oui
21050160.10.120.020oui
31060170.10.1166670.017oui
41045150.10.1111110.011oui
5520290.40.450.050oui
6510130.20.30.100oui
72030470.20.2333330.033oui
85300200.0666670.067oui
91035140.10.1142860.014oui
10510130.20.30.100oui
Total8535012470.140.18287




% chlor% non-traités






0.14120.1343   non ; % global de mortalité supérieur pour les traités chloroquine

Seconde histoire : c’est mon exemple initial, mais cette fois, le nombre de traités et de non-traités est le même pour chaque hôpital, mais il persiste des différences d’effectifs entre les hôpitaux (je n’ai rien changé des pourcentages). Ici, on observe que les conclusions individuelles et la conclusion globale sont qualitativement les mêmes, mais le pourcentage moyen d’échecs (0.028 vs. 0.035) n’est pas le même que celui de la moyenne des pourcentages (0.034 vs 0.0445).


effectifs% echec
Cas d’echecs
HôpitauxTraités chloronon TraitésTraités chloroNon traités Traités chloronon traitésconclusion efficacité de la chloro
115000150000.010.015 150225oui
2500050000.040.045 200225oui
3100010000.070.08 7080oui
410000100000.050.06 500600oui
55005000.040.07 2035oui
62002000.040.05 810oui
7200020000.010.015 2030oui
85005000.010.015 57.5oui
9400040000.020.025 80100oui
10100010000.050.07 5070oui
Total39200392000.03400.0445
11031382.5





%echec0.0281380.035268oui

Dernier exemple : toujours mon exemple initial, mais cette fois les effectifs sont les mêmes pour les traités et non-traités et également les mêmes entre les hôpitaux. Maintenant les conclusions sont les mêmes qualitativement et numériquement


effectifs% echec
Cas d’echecs
HopitauxTraités chloronon TraitésTraités chloroNon traités Traités chloronon traitésconclusion efficacité de la chloro
115000150000.010.015 150225oui
215000150000.040.045 600675oui
315000150000.070.08 10501200oui
415000150000.050.06 750900oui
515000150000.040.07 6001050oui
615000150000.040.05 600750oui
715000150000.010.015 150225oui
815000150000.010.015 150225oui
915000150000.020.025 300375oui
1015000150000.050.07 7501050oui
Total1500001500000.03400.0445
51006675





%echec0.0340.0445oui

Je pense que ce petit exemple doit faire réfléchir et il montre qu’il peut être difficile de s’entendre sur des chiffres. J’ai bâti l’exemple initial de l’hôpital en 5 minutes avec pour objectif d’avoir ce que les spécialistes appellent le paradoxe de Simpson.

Mon exemple est complètement pourri et on ne peut rien en tirer si on est un bon statisticien avec de l’éthique. On pourrait seulement conclure, si les 10 hôpitaux étaient effectivement tous les hôpitaux des Bouches-du- Rhône, que le pourcentage de mortalité des traités avec chloroquine dans les Bouches-du- Rhône a été supérieur à celui des non-traités, mais en aucun cas, on ne pourrait affirmer que c’est la chloroquine qui est la responsable ! Dans ce genre de résultats, on a de nombreux biais dont le plus fréquent est celui du facteur de confusion et pour mon exemple, le premier facteur de confusion à considérer serait que les patients à la chloroquine étaient plus gravement atteints que les autres et sont morts de la covid-19 et non de la toxicité de la chloroquine. On meurt plus souvent dans un lit mais on ne peut pas dire qu’un lit est dangereux.

Bref, mon exemple illustre pourquoi la randomisation est une nécessité (contrairement à ce que dit le sociologue dont tu m’as envoyé la vidéo) et pourquoi les essais cliniques contrôlés apporte des preuves d’un niveau supérieur aux résultats des études observationnelles qui ne sont pas randomisées. Cela ne veut pas dire qu’un essai clinique est toujours valable et ils peuvent être entachés de nombreux biais (voir ce site) ou tout simplement conçus pour tromper son monde en répondant à une question sans intérêt médical mais juteuse sur le plan marketing.

Un autre aspect des essais cliniques est leur caractère de double-aveugle pour éviter les opinions (biais cognitifs) dont un très bel exemple est celui de la comparaison Coca-Cola vs. Pepsi ! Le neuromarketing (interdit en France) joue à fond avec cela pour imposer une marque en capitalisant sur sa notoriété et non sur la qualité substantielle du produit vendu. Je peux te passer cette publication qui me semble emblématique de nos biais.

Toutes ces notions ont été progressivement acquises depuis la fin de 19e siècle avec l’histoire du début de la fin de la saignée et du petit numéricien Pierre Charles Louis qui s’est fait écraser par Broussais dont la faconde valait celle de Raoult. Mais tout cela reste incommunicable au profane qui peut très vite tomber dans des chausse-trapes (lorsqu’il est un médecin de bonne foi) et surtout, manipulable à souhait par des professionnels (l’exemple serait peut-être celui du Brexit avec Cambridge Analytica et le recours à l’IA etc.)

Ma réponse :

Cher ami,

Merci pour l’exposé. Je ne me souviens pas du passage où Jean-Dominique Michel s’en prend aux essais randomisés. Je pense que la critique la plus convaincante que j’en aie entendue jusqu’ici n’est pas de principe. Elle consiste à souligner les problèmes pratiques de leur mise en œuvre, qui explique d’ailleurs, ai-je cru comprendre, leur rareté dans la littérature qui fonde l’usage, en réalité toujours très empirique, de la plupart de nos médicaments, en dépit de l’approbation majoritaire dont ils bénéficient. L’essai randomisé, en quelque sorte, c’est la Rolls des essais. Tout le monde ne peut pas rouler en Rolls, et nombre de ceux qui en font l’éloge se contentent en pratique d’échantillons constitués de bric et de broc. La différence avec quelqu’un comme Raoult, c’est qu’il assume et théorise ce choix. On tombe sur une problématique non purement scientifique mais plus vaste : une opposition entre médecine d’urgence et science pure, une opposition entre médecine de pauvres et médecine de riches, une opposition entre soignants de terrain et hommes de laboratoires, une opposition entre médecine individuelle libérale et politique hygiénique de masse et autoritaire, une opposition entre capacité diagnostique d’un praticien expérimenté et vastes campagnes de dépistage dans le cadre de systèmes pharmaco-industriels standardisés, une opposition entre approche théorique mathématisée et approche observationnelle. Pour moi : l’opposition entre Harvey et Descartes.

Je me souviens que lors de nos études le sujet émergeait parfois de la concurrence entre vétos et agros, ces derniers faisant à nos yeux illégitimement de la médecine vétérinaire lorsqu’ils prescrivaient des adjuvants prophylactiques dans les premiers élevages de masse sur la base de calculs qui nous dépassaient. Il me semble que lorsqu’ils se mêlent de régenter la prescription, nous enferment ou relâchent selon les indicateurs ésotériques et les prédictions algorithmiques de leurs savants Cosinus, pensent en termes de commandes massives de vaccins et autres remèdes et se posent la question d’en rendre l’administration obligatoire sans se préoccuper des particularités individuelles, nos hygiénistes gouvernementaux font de la médecine collective du même genre et nous traitent comme du bétail. Or, ce qu’ils appellent « essais randomisés » fait partie de leur arsenal argumentaire, sinon de leur pratique réelle. C’est ce point qui me semble mériter examen.

Pour revenir à tes désormais trois tableaux, je crois comprendre ce que l’on entend par essai randomisé, que je ne savais pas avec précision. Il s’agit apparemment de ce que je nommais vaguement ‘ajustement’ pour que les échantillons soient véritablement ‘comparables’. Le problème qui saute aux yeux est celui des effectifs. Pour éliminer les biais statistiques, il faut apparemment que tous les échantillons aient la même taille. Il faut aussi qu’ils aient une taille minimale pour des raisons de loi des grands nombres, je suppose. Il faut donc que cette taille soit obtenue, je suppose, par tirage aléatoire dans des effectifs encore plus grands, et je suppose encore, considérablement plus grands pour des raisons à nouveau de loi des grands nombres. Tout cela n’est pas très raisonnable. Les essais randomisés rigoureux sont une impossibilité pratique. En pratique, je soupçonne qu’on se contente souvent, pour faire nombre, d’ajouter des données obtenues de droite et de gauche, mais sans être bien certain que tout le monde mette la même réalité sous des mots comme « succès » et « échec ».

Aussi le débat n’est-il pas entre deux termes, mais trois : études observationnelles de fiabilité variable et à critiquer ; essais randomisés rigoureux, mais il n’y en a pas ; synthèses mathématisées, qui se donnent pour rigoureuses parce qu’elles sont mathématisées, mais fondées sur des données abondantes mais hétérogènes, et qui se font passer pour rigoureuses alors qu’elles relèvent du bricolage, voire, comme on a vu avec Surgisphère, de la fabrication impudente à intention frauduleuse.

Dis-moi où je me trompe.

JP

Les petits effectifs qui n’ont pas peur des gros

PLT me soumet les éléments statistiques qui ont donné lieu à polémique entre Didier Raoult et le ministère de la santé à propos des résultats obtenus dans les Bouches de Rhône avec l’hydroxychloroquine.

Voici l’exemple : avec une calculette, vous pouvez vérifier. C’est ce genre d’observations qui a conduit un groupe de cliniciens français à publier un papier dans un journal prédateur avec la riposte désormais connue sous le nom de l’histoire de la trottinette.

Si cela vous amuse, je vous décortique ce tableau pour vous montrer où est la fève.


effectifsCas d’echecs% echec
HopitauxTraités chloronon TraitésTraités chloronon traitésTraités chloroNon traitésconclusion du clinicien efficacité de la chloro
15001500052250.010.015oui
21500050006002250.040.045oui
33000010002100800.070.08oui
4100002050020.050.1oui
520000500800350.040.07oui
620000200800100.040.05oui
72000200020300.010.015oui
85001500052250.010.015oui
94000400008010000.020.025oui
10500100025700.050.07oui
Total10250079720493519020.0340.048Oui car tous les hôpitaux observe un pourcentage d’échec supérieur chez les non traités chloro (en moyenne 4.8% vs. 3.4%)
% global échec=1902/79720=0.238% pour non traités & 4935/102500=4.81% pour les traités




% global échec0.0481460.023859Conclusion du statisticien: non car le % de mortalité est deux fois supérieur pour les traités chloroquine et compte tenu des effectifs, c’est statistiquement significatif

Mon commentaire :

Cher ami,

Il me semble que le paradoxe mathématique que tu proposes, et dont on pourrait un peu rapidement conclure à la supériorité des conclusions obtenues en colligeant des données provenant de sources multiples et aussi nombreuses que possible ( l’idéologie du ‘big data’), repose sur le fait que les proportions traités/non traités sont très différentes d’un hôpital à l’autre. De plus, il se passe que les proportions guéris/non guéris sont très différentes entre les hôpitaux à petits effectifs et les hôpitaux à gros effectifs, et dans le sens où elles sont systématiquement beaucoup plus serrées là où une grosse surproportion de malades ont été traités.

Qu’est-ce que j’en déduis ? Certainement pas qu’il est révélateur de faire de vastes enquêtes réunissant des données de diverses provenances. Il me semble que le simple fait que les résultats observés soient largement différents d’un lieu à l’autre montre un manque de rigueur dans la constitution des données, et que toute conclusion fondée sur l’idée que l’on peut faire comme si l’on avait affaire aux données d’un même hôpital recueillies de façon standardisée est sans valeur. On a visiblement ajouté des choux et des carottes. Si un médoc a un effet, il doit être à très peu de chose le même dans tous les essais, et si ce n’est pas le cas, c’est que les essais, ou au moins certains d’entre eux, ne valent rien. Ils sont en tous cas non-comparables et encore moins sommables. Je ne vois pas comment on peut même songer à additionner des résultats qui ne sont visiblement pas les résultats du même protocole expérimental. Tout statisticien raisonnable qui tombe sur une courbe bi-modale oublie de commenter curieusement la moyenne et se préoccupe d’identifier le facteur qu’il n’a pas pris en compte et de refaire ses calculs.

En l’occurrence, faute de l’enquête qui s’impose sur la constitution des données, si tous les hôpitaux de ton exemple trouvent le produit HCQ efficace, en faisant l’hypothèse que tous ont bien travaillé, quoique chacun à leur façon, j’en tire personnellement la conclusion qu’il l’est, et je m’y tiens. S’ils ne le trouvent pas efficace dans la même proportion, et avec des différences considérables, je ne fais pas la moyenne de leurs jugements globaux : j’en déduis que le produit n’a pas la même efficacité dans toutes les circonstances de dose, de terrain, de phase de la maladie, etc. , ou bien que les critères d’efficacité n’ont pas été les mêmes partout. Mais je maintiens à l’évidence la conclusion provisoire que le produit a probablement un potentiel.

Je crois avoir perçu cette critique qui commence à être répandue dans les milieux médicaux et que porte Raoult de façon certes attaquable tant elle est contre-intuitive : en pratique, lorsque l’on considère un article sur des résultats d’essais cliniques, plus les effectifs sont faibles et plus on peut avoir confiance. Cela veut juste dire que, à l’opposé du spectre, et sans aller jusqu’à l’exemple caricatural et, faut-il espérer, exceptionnel de ‘Surgisphère’, où l’on est carrément dans la falsification frauduleuse, les modélisateurs du ‘big data’ font des calculs justes sur des données fausses. Ils construisent des édifices théoriques gigantesques sur des fondations de sable. C’est la tour de Babel, image de notre civilisation, dont on voit poindre la fin.

Covid : la véritable histoire

The Covid Physician’s true coronavirus timeline

“My experience is no one but the government and mainstream media are sharing apocalyptic Covid-19 death experiences with me” Artillery Row

ByThe Covid Physician 2 November, 2020

Valentine’s Friday, 2020. A quarter century practising medicine. Half in hospitals, half in general practice. I’d been treating unseasonal, politely-coughing, relatively-well patients for the previous two and a half weeks.

Extraordinarily, on Saturday at 4am I was abruptly awoken by uncontrollable, whole body, flailing movements. They continued without relent for 5 hours. I’d hypothesised I was having a grand mal seizure, but as I lay violently shaking and goose-pimpled I coldly concluded I was conscious, so these were rigors. I’d witnessed two in my career one as a naïve house officer on a medical ward, and now the second in the comfort of my own bed. It wasn’t my last hurrah.

Two Paracetamol, two duvets, two days of bad diarrhoea and I returned to work Monday, a few pounds lighter and clinically puzzled. This was no ordinary fever. As it happens, two other GPs in my vicinity later described similar contemporaneous symptoms, and we all tested negative for Roche’s Covid-19 antibody assay 4 months later. That, however, is not so meaningful since most people are thought to clear the virus without the need for specific SARS-CoV-2 antibodies. On top of this, in PHE’s own studies, Roche’s test demonstrated only 83.9 per cent – 86.7 per cent sensitivity, so it was missing 13-17 per cent of true positives.

How many are still dying of perfectly treatable illness?

There are two arms of the cellular immune response. The immediate, innate system (no specific antibodies required), and the delayed, adaptive immune system (B and T-cells, and specific antibodies required which may or may not persist after the infection). So, no antibodies does not necessarily equate to future risk. 10 per cent of us may raise antibodies in response to the acute infection. We could die in the attempt. 90 per cent of us might deal with the infection innately, yet have nothing but our healthy, vigorous lives to show for it. A vaccine may not work, it may not be safe to some, it may raise antibodies but still not work. It may raise antibodies and make matters worse by ‘pathogenic priming’ and enhancing any future infection. These are all normally valid medical points, but I do not feel our governmentlikes doctors and scientists making these anymore. The normal medical and scientific truths of our time feel radically heretical to modern day Dr. Galileos.

Something very odd was going around. I don’t usually get ill on the job, and I have never had the influenza vaccine. As many doctors might agree, to our families’ inconvenience we become ill as soon as we switch off, relax, and take a holiday.

What was even odder to witness was the surreal lock-stepped, global lockdown that began around March 2020. Same language, same procedure, same time, no independent engagement of resource nor intelligence, no bespoke solutions. All but Sweden appeared to fall into a blind panic. The theatrics of lockdown on 26th of March did affect me, I was ejected from my accommodation and struggled to find anyone willing to take on a walking NHS repository of certain viral death. I returned to work in a single-handed practice with a deep dread of the cataclysm that would befall me and my community. No such thing happened.

I recall the fear of the clerical staff. They furtively asked why I wasn’t wearing a mask – remember this was the early days of PPE shortage, with no government mandate of general mask-wearing. My attitude was flimsy clinical masks were of no real effect, and besides risk of infection is part of the job description. However, I quickly succumbed to their unease to avoid the inevitable escalating inquisition and workplace disciplinary. I learned quickly, knowledge and experience were now nullities.

I had the easiest 3 months of NHS practice in my life from March to June 2020

Frankly, if it had not been for mainstream media and the government, I would not have even noticed there were a pandemic. I experienced no excessive dying, and no excessive becoming seriously ill. Since January, I have worked in three different general practices across England, in two regions. Accumulatively, they contained over 16,000 patients. Up to my last time of asking in September 2020 there had been many well Covid-19 “swab positives”, and only 5 deaths “with” a Covid-19 “swab positive”. Those 5 deaths were all white, over 60 years, with other co-morbidities.

In the BAME-dominated practice of nearly 6000 where I work with the most deprived, the poor, the homeless, addicts, and migrants, no one was known to have died in association “with” a Covid-19 swab-positive test.

In the practice of 1800 where I worked through the inception and peak of the pandemic, only two people died of anything between January and July. These two were expected deaths of metastatic terminal cancer.

Enough has been said on statistics and science to convince the current government response is disproportionate. Yet most governments dismiss it all with incredible contempt. Clinical experience is as equally relevant as the statistical manipulation and science. My experience is no one but the government and mainstream media are sharing apocalyptic Covid-19 death experiences with me. I don’t see it in my clinical practice as a simple GP.

My attitude to the government pandemic advice hardened significantly when I received the CCG (Clinical Commissioning Group) advice on pyrexical over-70-year olds in the community: do not admit them. If they get very ill, call the Macmillan nurse and palliative care team. This was my first sniff of the new-normal clinical lunacy. It was redolent of the swine flu panic where in 2009 we were negligently told to prescribe novel anti-viral medication to anyone on the basis of the slightest raised temperature, regardless of better alternative diagnoses. A reasonable body of doctors would never do this under sane conditions.

I did research. Given my older patients were to be left at home to sink or swim, I concluded that the very safe hydroxychloroquine, zinc and azithromycin combination was worth trying in the best interests of those marooned patients. I was blessed to have my own NHS dispensary and quickly ordered the medications. That was when the second whiff of madness was caught: the gas-lighting mainstream media was repeatedly telling me it was very dangerous, they were lambasting my brave and learned international medical colleagues for daring to say anything but a vaccine was effective in mitigating Covid-19. Our CCG pharmacist emailed all GPs to ask us to not prescribe hydroxychloroquine in suspected Covid-19 cases as this would diminish stock for the usual rheumatoid and lupus users.

My older patients were to be left at home to sink or swim

As it happens, such was the lack of community cases of clinically unwell Covid-19, I never had to use the triple therapy. The closest I got was when a very feverish lady in her 80s was being left to probably die of a severe sepsis. She was refused hospital admission. At that time, I was not allowed to see her, as we had a dedicated coronavirus “red hub” to remotely triage queried coronavirus cases to. Its guidelines had concluded temperature equated to coronavirus, which in turn equated to no hospital access allowed for over-70s. This was my third experience of what was now a reeking stench. Fortunately, her home-help called me to notify me of the ensuing danger. I assessed the situation remotely and concluded that the clinical logic of the red hub was wrong. The most likely cause was line sepsis (she had an in-dwelling feeding line in a major blood vessel). I spoke to the red hub and the hospital to explain that the guidelines were fatally negligent. They took her in, and line sepsis it was. This simply required a new line and intravenous antibiotics. She survived to re-join her husband, but how many are still dying of perfectly treatable, potentially fatal illness?

The fourth time, I was called by a Macmillan nurse. She had been delegated the responsibility of persuading me to prescribe a cancer drug without due normal clinical process by the Consultant breast surgeon, who presumably was instructed to avoid doing his job at all costs. The nurse explained to me the lady who had a very large breast lump diagnosed in hospital just before lockdown was somehow neglected to be assessed for 5 weeks, presumably because of lockdown. Here’s where it got more distressing. She said the consultant would not be able to see her for at least 3 months. Would I see her and confirm there really was a lump and prescribe a speculative breast cancer treatment? Normal protocol would be a two-week maximum wait for a cancer specialist and biopsy. Then a treatment plan, usually some combination of a biopsy-determined hormonal medication, radiotherapy, surgery and chemotherapy.

In her case, they wanted me to provide speculative hormonal medication without any real prospect of review, confirmatory biopsy nor other intervention for at least 3 months.

Moreover, I was told by the nurse that the poor dear did not even sound all there over the phone. Inference: doesn’t really matter what she thinks, she’s old and it’s a hopeless case.

We all are being policed into wearing any old ineffective rags over our muzzles

I did see her. The old dear was compos mentis, and she agreed that she did not want a speculative treatment for which I had no qualification nor experience of initiating. I informed the palliative care nurse I would not do her delegated task. Eventually, without confirming they had back tracked the cancer team saw her for themselves a few weeks later; but both I, the patient, and her daughter had to dig our heels in deeply. How many patients are still languishing with advancing cancer due to a litany of permissive state diktats? Look at section 11 of the unbelievably quickly drafted Coronavirus Act 2020 on medical indemnity during coronavirus. Does it mean extra indemnity or extra protection for medics, the NHS and the government against the most unforgivable clinical gross negligence during the state-determined pandemic measures?

At this time the shock and awe of the terror and OCD-inducing state mind-programming triad, of don’t touch your face, wash your hands and stay away from other humans was wearing off. I’d had my fill of hospital NHS TikTok videos and being needlessly back- slapped and clapped for.

In fact, for once in my career I had nothing to do, except keep patients away from the practice, fob them off on the phone, and see the odd one at my own choosing. They were all very understanding, and even thanked me for it. Everything was, in a sense, either coronavirus or not an absolute NHS problem. I now reach into my bag first for a headset, and rarely touch my stethoscope. I am losing my hands-on clinical skills.

Our mission: save the NHS by neglecting ourselves and the NHS. I received numerous CCG advice and flow-charts on the coronavirus-centric mass processing of patients. Most of it was about whom not to see, and who could pass the pearly gates of the hospitals. Then there was the advice on the parallel IT and video-consultation medical industrial revolution: our new NHS normal.

Then there was the circular from the British Medical Association (BMA) received on 22 April 2020 reminding us that we did not have to be that sure to write Covid-19 on a death certificate, simply to the standard of the best of our knowledge and belief. The BMA went on to advise:

In those cases where the doctor is confident on medical grounds that a particular cause of death is likely then that should be entered on the MCCD (Medical Certificates of Cause of Death). Covid-19 is an acceptable direct or underlying cause of death for the purposes of completing the MCCD, even without the results of a positive test, and it is important that likely Covid-19 deaths are reported as such via the registrar.

That was highly irregular, what’s to say without testing it wasn’t equally likely to be ‘flu, or pneumonia like most winters? We now know even a positive test doesn’t help diagnose with any confidence.

My trust started to erode in March 2020

Unless you are one of my maximum, lucky two given the golden ticket each morning or afternoon, if you wish to actually be seen and be examined by me these days, go private. For the right price they’ll see all of us and pass us on the extra coronavirus-related costs, while we all protect the NHS. To see Sir Simon Stevens CEO of NHSE be tweeted saying, to paraphrase – “you thought Covid-19 was bad but wait until we ram climate change down your throat” simply beggars belief. Isn’t this over-ambitious and a slight over-reach of his remit? Surely, he should concentrate on concluding his five-year NHS plan: stealthily privatising the NHS under the helpful cover of the pandemic, before joining Greta Thunberg fear-pushing the global green agenda?

I had the easiest 3 months of NHS practice in my life from March to June 2020, no wonder all those apart from in ICU were smiling, laughing, and apotheosising the NHS on social media. This was their first real break in 70 years. They genuinely felt they deserved it. Then, a strange thing happened in an already strange time in June 2020. Bad stink five. I received an email from the CCG. Cascaded presumably by the BMA to every CCG and GP in the country, simultaneously. I was fed their pro-BLM message, and invited to click on a link where I could donate to the neo-Marxist trained BLM leaders via a US Democrat party central-funding company, ActBlue.

How very odd. I had not yet received one email on the pathophysiology of Covid-19, not one email on life-saving potential early community interventions and treatments (maybe more on these another time). Nothing. Yet here was priority number one in the pandemic apart from systematically neglecting my patients: dip into your pockets, doctor. Donate to the statue-toppling, English heritage-bashing, and lockdown-breaking SARS-CoV-2 spreaders-in-chief.

While I was twiddling my thumbs, feet on my desk, and frankly disturbed by the BMA’s endorsement of BLM’s critical race theory. I began to ponder, to review what had actually happened. Everyone had been in shock, on autopilot.

My senses and faculty of independent, critical thinking had begun to return. I began to think deeply about basic medical sciences, cause and effect, Koch’s postulates and normal clinical diagnosis and practice.

What was actually going on here? Ostensibly and hitherto, the government, moreover the WHO, was asking me to suspend my medical training, my clinical disbelief and trust them.

I started to look at the clinical timeline. There were many decisions made that did not sit comfortably with my medical sensibilities.

*****

My trust started to erode in March 2020. Public Health England (PHE) had wisely classified the SARS-CoV-2 entity as a “highly contagious infectious disease” (HCID). This brought it in to the infamous company of long-gone worries such as SARS-CoV, MERS-CoV, bird flu and Ebola virus.

However, the PHE had strangely declassified SARS-CoV-2 from being a highly contagious infectious disease to a non-HCID on 19 March 2020. It seemed to them to no longer merit the company of SARS et al. This was few days before the UK lockdown regulations of 26 March 2020 when the whole world was implementing the most draconian pandemic measures ever. That’s an odd timeline. I asked PHE, why? It replied that it was because by 19 March 2020 they knew it was not as fatal as it was first thought. Wasn’t that a bit rich? Surely, declassification did not make government sense on 19 March?

My own view is that there was perhaps a different agenda. There was a PPE (I must here confess, like most, I had not come across this term, before) shortage in March, it was a massive political problem. The government was just resiling from a herd immunity approach (more’s the pity, in my opinion). Was PHE in more control of advising on the pandemic and matters such as PPE while the bug remained classified a HCID? The government was in a panic trying to requisition all available PPE to the clamouring NHS. Perhaps not recommending masks to the public and nursing homes whilst recommending them for hospitals for an as yet unquantified, airborne, respiratory HCID was a cognitive and scientific dissonance too far for someone at PHE?

Was the quickest way for the government to take control of the coronavirus narrative to have PHE declassify SARS-CoV-2 from its HCID category? Perhaps this explains why after the event we all are being policed into wearing any old ineffective rags over our muzzles. Most of the public still falls for it. I await the day the government edict to not wear masks comes (if it ever does). Most obedient citizens will stop without question, suddenly and miraculously feeling safe. The mask totalitarians – those who use incorrect mask etiquette as a proxy for some other odious social prejudice – will have to hide again. Some poor souls will never stop wearing them. Some may never re-emerge from their homes.

In the 1980s we were terrified, mostly via innuendo, by the Thatcher government’s “Don’t die of ignorance” AIDS campaign. I worked through BSE (1995-97), SARS (2003), swine flu (2009) and MERS (2012). That was all pre-2013, and pre-PHE. Before PHE, we had the more independent and expert Health Protection Agency (HPA) to help us. It ran the public health labs and the civilian arm of the biological warfare centre, Porton Down. The HPA was deconstructed by the Cameron-Clegg coalition (as was much else of the NHS) by the Health & Social Care Act 2012. HPA’s health protection duties fell to the hands of the new quango, PHE with the added distraction of general population “health improvement”.

It appeared to me that we had blind trust in China and the WHO

It has been well-documented by Parliamentary Under Secretary of State for Public Health and Primary Care, Steve Brine MP in a letter of 22 March 2019 to PHE CEO, Duncan Selbie, that his government priorities for PHE for 2019/20 were not at all about protecting England against emerging pandemics. During the pandemic there was frustration expressed by the government at the PHE, and the decentralisation of NHS command and control to NHSE. Recall, these were all acts of deliberate NHS deconstruction, decentralisation and quasi-privatisation by the previous Cameron-Clegg coalition government. Matt Hancock’s response? Disband much of Public Health England (PHE) and merge it with NHS Test and Trace to create a new quango, the National Institute of Health Protection led by a Tory peer Dido Harding, a business expert with no healthcare credentials. She already led the controversial, dysfunctional SERCO-outsourced test and trace “system”. Her husband just happens to be a Tory MP and our UK anti-corruption champion. You couldn’t write it. My suggestion is, why not simply bring back the more-expert and independent-of-business interests HPA? It did far better with far more fatal viruses. Why not scrap NHSE, and make the health secretary accountable for our health again? Maybe better still, repeal the Health & Social Care Act.

What would have befallen us if the NHS had already been fully privatised? Probably something akin to America: line the pockets of the private hospitals in a further blind panic. Stop them treating anything but coronavirus. Therefore, inducing the hospitals to fit everything into a coronavirus-shaped hole. Then, just add fatal ventilation to maximise profit. If we are to learn and improve, an uncomfortable truth that must be acknowledged is the revolving door between government and corporations in public private partnerships causes collusion and corruption. It is failing our nation’s health.

Back to the timeline. The alleged first official Chinese case was 17 November 2019. China announced the problem to the WHO on 31 December 2019 as a “atypical pneumonia”. On 3 January 2020 Chinese officials provided information to the WHO on the cluster of cases of “viral pneumonia of unknown cause” identified in Wuhan. On 9 January 2020 the WHO reported that Chinese authorities had determined that the outbreak was a distinct disease caused by a novel coronavirus. Remarkably, it seemed we in the West had an indirectly-deduced, best-guess PCR test ready-to-go in mid-January 2020 before we even had time to isolate and confirm the suspected in vivo causative agent, SAR-CoV-2 for ourselves.

The first two confirmed cases in the UK were 29 January 2020. Had the virus actually been caught in the act, on an electron microscope, isolated and purified from a human Covid-19 victim, yet? The International Committee on Taxonomy of Viruses (ICTV) announced “severe acute respiratory syndrome coronavirus 2 (SARS-CoV-2)” as the name of the presumed novel coronavirus (nCoV-2019) on 11 February 2020.

It also appeared to me that we had blind trust in China and the WHO, which in a knee jerk, prematurely decided that Covid-19 was a disease (i.e. a condition with a definite aetiology) and not a syndrome (i.e. a collection of symptoms and signs without a definite sole cause – just like the elusive irritable bowel syndrome, or IBS).

For clarity, the “D” in coronavirus means “disease”, the second “S” in SARS-CoV-2 means “syndrome”. In a sense, the WHO had already decided Covid-19 was a distinct disease entity caused by a novel coronavirus before characterising it as a syndrome called SARS-2, and before the naming of the virus as SARS-CoV-2. The importance of scientific syntax and semantics cannot be overemphasised. Such cognitive slip-ups trickle unnoticed into general parlance and may have fatal consequences for us as a species.

Without a definite cause, one cannot definitively conclude to treat anything in particular. Is Covid-19 a syndrome, a mixed bag of symptoms and signs that has been negligently and politically globally fast-tracked to a scientifically wrong conclusion? Is it, in practice, a conflation of different, distinct disease entities including influenzae, rhinoviruses, pneumoniae and other coronaviruses, not to mention other non-infectious phenomena?

We may now never know, due largely to a fast-thinking panic, and incompetent local and global health systems biased by commercial and political interest.

We destroy jobs, industry and life as we knew it while we wait for a vaccine

Allow me to illustrate what a convincing, normal scientific timeline looks like, with a historical example. The AIDS epidemic (Acquired Immune Deficiency Syndrome) officially began in 1981. Before it was called AIDS, the syndrome was first termed “GRIDS”, or gay- related immune deficiency syndrome. The aetiological agent, human immunodeficiency virus (HIV) was confirmed two years later in 1983. The first ever recognised case of AIDS, in retrospect, may have been in the 1960s. The scientists who discovered the causative HIV were awarded the Nobel prize in 2008, 25 years later. That is the normal order and speed of how good, reliable science used to operate. What we have with the Covid-19 narrative is extraordinary, regardless of intervening new scientific advances; so much so that it is arguably a new pseudo-medical paradigm.

Forget finding a virus first, forget antibody and antigen serology, blood PCR and routine chest X-rays, forget electron microscopy, culture and blood markers of inflammation. Forget even looking for other probable causes and taking a temperature or a pulse; just speculatively swab asymptomatic or vaguely symptomatic scared members of the public’s contaminated oral and nasal cavities for bits of RNA, with a poor test, and over-amplify the apparatus. As the WHO’s Dr. Tedros said very emphatically at the very outset: “Test, test, test”. As a physician, I wish he’d said, “Think, think, think”; or as carpenters say, “Measure twice and cut once”.

In March and April 2020, without the proper science, if it felt like coronavirus, it was coronavirus, it was buried as coronavirus. To this day, this irrational, pharma-political new world order narrative persists bullet-proofed, immune as if pre-vaccinated against all the countless eminent medics and scientist amongst the global intelligentsia.

In early May 2020 I was initially amused, but then concerned to read the Reuters report about the Tanzanian government’s official samples submitted for PCR testing. It reported that pawpaw and tortoise swabs tested positive for Covid-19.

*****

The 2020 new infectious disease pseudoscientific paradigm goes something like this: anyone and everyone is a potential coronavirus super-spreader, all the time, regardless of fever, other symptoms, or no symptoms. Whether you have already had it or not, whether one wears a mask or not, the risk is always there. You may even contract it again, and again.

Anyone who dies within 28 days of a positive coronavirus test is a coronavirus death. The nominated standard community test for Covid-19 is an unprecedentedly bad one, far from any gold standard test. Potentially up to 93 percent may be false positive. This will create a synthetic “case-demic” spike because the health secretary pushes poor mass-testing hard and fast. This will be used to frighten those of the public who do not understand statistics, and who understandably instinctively trust their government. Testing simultaneously for more probable causes such as colds, flu and pneumonia will not be done. Everyone else with any other disease can go rot or go private. Children who are almost never at fatal risk (unlike with influenza) will be denied proper social care, an education and freedom of association.

This is not normal clinical medicine, nor public health medicine Where was this year’s flu, respiratory viruses and pneumonia mortality spikes? Perhaps they were parasitically conflated with that will-o-the-wisp SARS-CoV-2?

It is an irrational doomsday reading of the situation by our government, which is nothing of the sort in reality. It is a wilful governmental catastrophizing of a situation I have not actually encountered in my professional nor my personal reality this year. Certainly, the emergent case-fatality data is not reflective of the government’s persistent narrative of fear. I find myself asking is this melodrama, or medicine I am being asked by the government to practise?

We may all be suffering the consequences of the many mistakes by Matt Hancock’s department such as his face-saving personal target and vanity-project of more than 100,000 community tests per day for which perfectly decent, independent scientific laboratories such as Sir Paul Nurse’s were dismissed or ignored and contracts awarded to favoured, corporate, inner circle cronies. Presumably they are also more apt to adhere to the official narrative. (Do not forget the other reactive decisions such as his white elephant Nightingale hospitals and the costly and harmful ventilator crusade.)

My fear is the government wants to sustain this disproportionate narrative of fear, and a lockdown until we either find a vaccine or die of loneliness, other disease and a broken heart. Is this incompetence, political face-saving, health and safety-gone-mad or something else?

The state narrative is in contradiction to the statistical facts

What we might realise when we recover from our national PTSD is the new normal might be perpetual social isolation if Parliament continues to have its way. Maybe the government should take a moment of collective maturity and wisdom to acknowledge the real risk: the average age of death dying of Covid-19 is around 82 years, similar to the average age of general death in the UK. Any hospital junior doctor who has worked with the elderly knows an attachment in the UK winter is like working in killing season. Most of us don’t suffer from Covid-19, and when we do get it, we are fine, or have mild upper respiratory symptoms. The fact is, when (or if) we are eventually released back to our lives, our risk of death from trauma and accidents will increase simply by being allowed outside to play, again. Will the government frighten the life out of us by over-emphasising these, and swabbing it for Covid-19, too? Has anyone asked the question what would be the Covid-19 swab positive rate had we sent out the army to do it two years ago in winter 2018? I suspect it would not be zero.

The state narrative is in contradiction to the statistical facts, the science, and clinical experience of many doctors and scientists, many of whom are eminent, but easily brushed off with scathing, fearful rhetoric by the health secretary, as in his recent parliamentary performance disparaging the sensible, scientific, but censored Great Barrington Declaration authors and its 580,000+ signatories. We forget Sweden never locked down or masked up, and yet it continues to cope well, as we used to for any other seasonal viral epidemic.

My greater fear is that, for the government it is a simple waiting game; wait for the normal winter spike of deaths, unscientifically read it up to the worst possible case scenario, and class it all as Covid-19 again, contrary to the old, normal medical paradigm. Then, extend the lockdown measures for another six months to September 2021. Presumably, the government will repeat the “no vaccine, no freedom” mantra, and continue to ignore the cheap, effective community treatments being propounded by my global colleagues, who are being censored, and no-platformed by government and social media.

The promulgators of the official global narrative anticipated dissent and prepared for a global infowars. On 18 October 2019, Event 201 sensed a coronavirus pandemic was imminent and advised in its headline: “The next severe pandemic will not only cause great illness and loss of life but could also trigger major cascading economic and societal consequences that could contribute greatly to global impact and suffering.”

Except, it wasn’t the pandemic the triggering the “major cascading economic and societal consequences”. It was the extraordinary, co-ordinated global government and media over- reaction that did the triggering all by itself. Its entire recommendations are predicated on this flawed first heading andsentence:

Event 201’s luminaries went on in recommendation 7: “Governments and the private sector should assign a greater priority to developing methods to combat mis- and disinformation prior to the next pandemic response.”

One only has to look at the echoes of this in Ofcom’s radical, very prescient, and human rights-violating bulletin guidelines released on 23 March 2020 to be even more concerned:

Ofcom will consider any breach arising from harmful Coronavirus-related programming to be potentially serious and will consider taking appropriate regulatory action, which could include the imposition of a statutory sanction.

It reads like an edict from Orwell’s Ministry of Truth. But it could equally apply to the government department of health’s own Covid-19 narrative. A senior UK doctor, Mr Mohammed Adil, prominent in the fight for medical sense has been suspended by the GMC for simply exercising his right to freedom of speech and dissent within the law, having been no-platformed from YouTube. His European and 1st Amendment-protected American colleagues continue to be allowed to practice.

How are we to operate as a democracy, involving our medical professionals and our royal colleges in constructive, reasoned debate to reach a scientific, reasonable consensus of opinion when the GMC stifles doctors on the front line, and when the government regulators crush, manipulate and censor their way through the usual democratic and scientific discourse? It seems even reasonable inferences, debate, and the right to speculate out aloud to progress our collective knowledge (particularly when we are not even allowed freedom to associate) is not official government policy. Not journalistically, professionally nor socially. It is tantamount to thought policing. Certainly, professional safety in my medical workspace involves suspending one’s disbelief and zipping one’s mouth in order to stay in a job. What is striking is that my colleagues avoid talking to each with scrutiny about Covid-19, to do so truthfully would be to dissent and risk unemployment. How as a society are we meant to join the dots, physically isolated, mentally compartmentalised and electronically censored? How can we progress unified and intelligently in this Parliament- created police-state?

The Coronavirus Act legislates for one doctor-approved cremations and mental health act sectioning. Before these required two. Medical abortions can now be done at home by tele- consultation under 10 weeks’ gestation via “pills-by-post”, without the gestation being confirmed by the usual scan.

The NHS feels like it has been weaponised by the state

I have heard of medical colleagues who have been informed that if they wanted a relative’s body quickly released for Muslim burial, it could be done within 24 hours if Covid-19 was accepted as the cause of death, but 2 weeks if the cause of death was the more logical stroke. In London, there seems to be in at least one hospital where a confidentiality clause or non-disclosure agreement must be signed before being allowed to work on coronavirus units. It appears the so-called whistle-blower protections for doctors continue to be trounced. What is there worth hiding that we all cannot be privy to? After all, isn’t this a public health matter concerning us all?

Is this coercive, controlling pharma-political alliance of fear-mongering the government’s new democratic normal? Is it a disproportionate response, deluded self-deception, spurious pseudoscience, fraud or a hoax? Is Sweden wrong? I don’t know, but how can we ever decide if the GMC forces doctors into the corners of anonymity and joblessness, and the government shuts its ears to us? It feels intellectually embarrassing to be anything other than Swedish.

Even the WHO is turning about-face on lockdown with Tedros Ghebreyesus’ former WHO nemesis and new Covid-19 envoy, Dr. David Nabarro leading a change of narrative.

Nabarro vigorously fought Tedros for the director-generalship of the WHO. Nabarro’s campaign team member suggested Tedros was implicated in covering up three cholera epidemics in his own country whilst health minister for Ethiopia. Whom can you trust?

In the Hong Kong flu pandemic of 1968 and 1969 where in total an estimated 80,000 people died in the UK, and an estimated 1-4 million worldwide, there was no lockdown, no draconian loss of liberty, and no destruction of the economy. No one scared the life out of us, shutdown the economy and closed down the NHS then. So why now?

From PHE reports, in England alone, the number of deaths associated with influenza observed through the FluMOMO algorithm was 28,330 in the 2014-15 season, and 26,408 in the 2017-18 season. I really didn’t notice these, did you? They are certainly not scarred on my psyche by the government in the same manner as Covid-19. We also seem to be in the exceptional situation of having conveniently avoided an annual influenza-associated mortality spike in the 2019-20 season. Could it be that a significant proportion were subsumed into Covid-19 associated deaths?

What of vaccines? We still don’t have one for HIV. We’ve never had one for a human coronavirus. Vaccines for flu can be ineffective and damaging. We may never have a viable candidate for Covid-19. Yes, medical technology has moved on, but not enough to compress the natural academic and clinical medical science response to this novel coronavirus into this timeline: the official narrative of less than one year.

What of mortality: a fraction of a percent, and 10 times less than predicted

by the inadequate and presumptive Imperial College models? What about the age-specific mortalities: the younger, the more fractional the risk? Yet, some mask children and we destroy the lives of the least at risk (that’s most of the workforce under 60 years). We destroy jobs, industry and life as we knew it while we wait for a vaccine. The NHS feels like it has been weaponised by the state and used paradoxically to damage our health. Isn’t that a hell of a timeline?


The Covid Physician is an unheroic NHS doctor. This article is a personal view and does not necessarily represent the views of the NHS. Dr. TCP tweets at @tcp_dr

Harvey contre Descartes

Cher ami,

Pour ce qui est du débat Harvey-Descartes, on en trouve une trace très accessible dans le Discours de la Méthode lui-même, partie cinq, où Descartes donne sa description de la circulation sanguine comme exemple de sa méthode. Je viens de regarder ce passage à nouveau, après cinquante ans de jachère, et je trouve que j’ai été un peu injuste envers Descartes. Il est beaucoup moins dogmatique que Ian Ferguson. Sa description anatomique est précise et montre qu’il n’hésitait pas à se salir les mains au contact du réel. Tu me diras si elle est juste car mes souvenirs d’anatomie sont lointains. Il se met à divaguer en raison d’une hypothèse qu’il ne justifie pas selon laquelle l’effecteur des mouvements du sang consiste en un gradient de chaleur entre le coeur et la périphérie du corps. Il n’a pas compris que le coeur était une pompe, et devait répugner à ce genre d’explication parce qu’elle rappelait trop celle de la scolastique qui parlait d’une ‘vertu pulsifique’, quoique sans plus de détail. Il a observé correctement aussi que le sang changeait d’aspect au cours de sa circulation, mais prend la chose comme une cause du mouvement, et n’a pas compris -mais cela on ne peut pas vraiment le lui reprocher- que c’était au contraire un effet et que des phénomènes chimiques étaient en cause. Concernant Harvey, il le connaît et le mentionne, mais sans même discuter sa théorie sur les points où elle diffère de la sienne. Ce qui me semble le plus typique de la manie calculante par laquelle Descartes remplace le verbalisme médiéval n’est pas son erreur de départ  – il est normal de faire des hypothèses et les plus improbables sont licites – mais le fait qu’il en développe les conséquences en une longue suite de déductions dont chacune ne s’appuie que sur la précédente par référence et imitation des démonstrations mathématiques, mais sans avoir idée de ménager des étapes intermédiaires de vérification par l’observation de la concordance avec le réel des résultats prédits par le modèle.

Sur Kant, encore

Après lecture de l’article contre Kant, et surtout de l’abjecte et comique rétractation du malheureux qui l’avait invoqué comme autorité, je m’aperçois que ma propre critique n’a rien à voir avec tout cela, qui relève de l’hystérie anti-antiraciste contemporaine : en réalité une coalition de tous les racismes particuliers. Pour nos chercheurs mondialisés multiculturels, il est inconditionnellement interdit d’invoquer un auteur qui a pu émettre un propos raciste, même si cela est sans pertinence pour le sujet traité. Cela me rappelle le ‘Corne d’Auroch’ de Georges Brassens, patriote intransigeant qui se laisse mourir d’une maladie curable ‘parce que c’était à un Allemand qu’on devait le médicament’.

Pour nos chercheurs mondialisés, dits multiculturels mais en fait plutôt multi-incultes, Kant est exclu de considération en matière de logique, de métaphysique et d’épistémologie parce qu’il croyait à l’infériorité des femmes et des noirs. Mais comme les préjugés racistes et sexistes sont omniprésents, y compris chez ceux qui les dénoncent, cela exclut beaucoup de monde de considération dans tous les domaines. Je suppose que ceux-là vérifient que le tôlier n’est pas antisémite quand ils vont manger un couscous. Mais que savent-ils des opinions privées du petit bengali qui a cousu leur pantalon et de la thaïlandaise aux doigts de fée qui a monté leur téléphone ? Parce que nous voulons que tout le monde soit égal, mais nous trouvons commode d’avoir des esclaves. A mon avis, pour ne pas se commettre avec le racisme réel, nos belles âmes de Paris intra-muros et de downtown New-York devraient plutôt aller cul-nu et dormir dans une caverne après un repas de glands et de limaces. En réalité, avec le mouvement politiquement correct , dernièrement métamorphosé en WOKE, nous avons affaire à des gens qui tendent irrésistiblement à l’érémitisme culturel tout en vivant d’interconnection généralisée.

Tu as remarqué que ma critique de Kant est d’un tout autre ordre. Ce qui m’intéresse dans son racisme, c’est l’argumentation pseudo-scientifique qui le fonde, parce qu’elle est un exemple d’un dévoiement de la pensée, et le même que je trouve dans les écrits de Descartes contre Harvey. Pas le fait brut qu’il déclare les noirs inférieurs, auquel les imbéciles s’arrêtent. Je regrette de ne pas avoir ce texte sous la main. Tu y aurais reconnu la démarche de nos modélisateurs au doigt mouillé.

En réalité, les préjugés, il faut vivre avec, alors que les sophismes, on peut en mourir. Dans la lecture, il faut faire la part du diable et voir ce qu’il y a de bon à prendre dans n’importe quelle boutique. Tu n’imagines pas le nombre de remarques révélatrices que j’ai puisées au long de mes études historiques dans les écrits des grands collabos, des staliniens, des nazis et même des radicaux-socialistes. Je n’hésite personnellement pas à les citer, ce qui m’épargnerait au moins, si j’étais publié, d’être lu par ces imbéciles.